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Cambodge / Thaïlande/Analyse

Preah Vihear, les origines du conflit entre Cambodge et Thaïlande

Des soldats cambodgiens dans le temple de Preah Vihear, après un assaut donné face aux troupes thaïlandaises, le 6 février 2011.
Des soldats cambodgiens dans le temple de Preah Vihear, après un assaut donné face aux troupes thaïlandaises, le 6 février 2011. Reuters

Les affrontements à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande ont redoublé de violence depuis quatre jours. Selon les sources, entre 6 et 8 personnes ont été tuées, 45 ont été blessées et des milliers de villageois ont été contraints de se déplacer. C’est un conflit de souveraineté territoriale sur fond d’enjeux politiques. Il concerne une parcelle de 4,6 km² sur laquelle est érigé un temple du XIe siècle.

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Depuis plus d’un siècle, le temple de Preah Vihear est au cœur d’un litige territorial. Son origine réside dans la délimitation de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande par les Français, lors de la conquête de l’Indochine en 1907, qui attribue géographiquement le temple aux Khmers. 

En 1953, lorsque les forces coloniales françaises se retirent du Cambodge, l’armée thaïlandaise revendique alors la propriété de Preah Vihear, investissant les lieux. Le Cambodge décide alors de porter l’affaire devant la Cour de justice internationale de La Haye qui rend son jugement en 1962 : Preah Vihear, et le terrain adjacent, sont attribués au royaume khmer.

Près de 50 ans plus tard, cette parcelle est toujours au cœur des litiges frontaliers, avec en filigrane les tensions politiques, et notamment la montée de l’ultranationalisme, tant à Bangkok qu’à Phnom Penh. Le conflit est ravivé en 2008, lorsque Phnom Penh réclame l’inscription de Preah Vihear au patrimoine mondial de l’Unesco. Perçue comme une provocation par les Thaïlandais, la demande déclenche les premiers affrontements armés.

Un « malentendu »

Mais cette première semaine de février 2011 est la plus meurtrière depuis le début du conflit. La cause de ces nouveaux heurts est due, selon l’armée thaïlandaise, à un « malentendu », et pour l’instant, chaque camp accuse l’autre d’avoir lancé les hostilités.
Le Premier ministre cambodgien, Hun Sen appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à tenir une réunion d’urgence pour faire « cesser les agressions ». Il accuse également l’artillerie thaïlandaise d’avoir provoqué l’effondrement d’une aile du bâtiment.

Pour son homologue thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, il s’agit d’affirmer la souveraineté de son pays. Il parle de simples contre-attaques. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, quant à lui, s’est dit profondément préoccupé par la situation et a exhorté les deux parties « à observer un cessez-le-feu et à rechercher une solution durable à la crise ».

 

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