Chine

La justice chinoise avalise l’exécution de quatre Ouïghours

Des Ouïghours au cimetière d'Urumqi où ont été enterré les victimes des affrontements de juillet 2009.
Des Ouïghours au cimetière d'Urumqi où ont été enterré les victimes des affrontements de juillet 2009. David Gray/Reuters)

La Cour suprême a donné son feu vert à l'exécution de quatre hommes, apparemment d'ethnie ouïghoure, condamnés à la peine capitale au Xinjiang, dans le nord-ouest du pays. La capitale, Urumqi, avait été secouée en juillet 2009 par des émeutes interethniques entre Ouïghours et Hans (l'ethnie majoritaire en Chine). Les sources officielles avaient annoncé, à la suite de ces troubles, au moins 200 morts, et plus de vingt-cinq personnes exécutées ou condamnées à mort.

Publicité

Deux d'entre eux sont condamnés pour l'attentat commis le 19 aout 2010, près de la frontière avec le Kirghizistan. Une voiture piégée avait explosé dans la banlieue d'Aksu. Sept personnes avaient été tuées et il y avait eu quinze blessés. Un troisième est condamné pour le meurtre d'un policier au mois de novembre à Khotan (dans le sud de la région), et le quatrième pour avoir tué par balles deux personnes dans la région de Hami, dans l'est.

Ce sont des crimes graves qui sont reprochés aux condamnés. Mais la sévérité,  l'exemplarité des peines rappellent l'extrême sensibilité des autorités chinoises aux événements en provenance de ses lointaines provinces, et sonne donc comme une mise en garde.Vigilance sur le Tibet, comme on l'a vu en 2008, mais également sur le Xinjiang, secoué par des émeutes qui avaient fait des centaines de morts lors de l'été 2009.

Face aux revendications socio-économiques des Ouïghours, Pékin dénonce un complot séparatiste ourdi par des fondamentalistes musulmans nostalgiques d'une République islamique du Turkestan oriental.

Au cours de ces dernières années, la démographie du Xinjiang a été bouleversée sous l'influence de Pékin qui a massivement incités les Hans (les Chinois de l'est) à peupler les marches de l'empire. Après la décision de la Cour suprême, l'exécution peut intervenir n'importe quand.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail