Accéder au contenu principal
Pakistan

Pakistan : le ministre chrétien des Minorités religieuses assassiné

Le ministre pakistanais des Minorités religieuses, Shahbaz  Bhatti, en février 2010.
Le ministre pakistanais des Minorités religieuses, Shahbaz Bhatti, en février 2010. AFP/Jewel SAMAD
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le chrétien Shahbaz Bhatti, ministre pakistanais des Minorités religieuses, a été tué ce mardi 2 mars 2011, par des hommes armés qui circulaient en moto, et qui ont tiré sur sa voiture dans un quartier huppé de la capitale Islamabad. « Il était mort à son arrivée », a déclaré Dr Azmatullah Qureshi, le porte-parole de l’hôpital Shifah, où son corps a été transporté. Le Vatican a qualifié l'assassinat de ce catholique d'«acte de violence inqualifiable». Cet attentat survient après le meurtre de Salman Taseer, le gouverneur du Penjab, qui dénonçait la loi sur le blasphème.

Publicité

Avec notre correspondante à Islamadab, Nadia Bléttry

Le ministre des Minorités religieuses a été assassiné alors qu’il se rendait sur son lieu de travail. Sa voiture a été prise en embuscade par plusieurs hommes armés qui lui ont tiré dessus. Le politicien est mort de ses blessures avant même d’avoir pu être transporté à l’hôpital.

Shahbaz Bhatti avait été récemment menacé de mort par des extrémistes pour ses positions contre la loi sur le blasphème qu’il voulait réformer. Une loi qui punit de mort quiconque est accusé d’avoir insulté le prophète. Le gouvernement n’avait pas condamné ces menaces, ce dont se plaignait le ministre. Il se disait abandonné par les autorités. Des autorités qui ont réaffirmé haut et fort, ces dernières semaines, qu’elles n’avaient nullement l’intention d’amender la loi sur le blasphème.

On a ce jour le sentiment que l’histoire se répète, et même qu’elle s’aggrave. Cet assassinat en plein cœur de la capitale rappelle celui qui s’est produit le 4 janvier dernier. A l’époque c’est Salman Taseer, le gouverneur du Penjab qui avait été tué par l’un des policiers chargés de le protéger. Le politicien avait dénoncé le caractère inique de la loi sur le blasphème.

Aujourd’hui c’est donc la consternation au Pakistan avec cet assassinat qui a coûté la vie à une nouvelle personnalité publique. C’est un signe du degré qu’a atteint l’extrémisme religieux dans le pays.

C'est plus qu'un « sujet qui fâche »... c'est devenu un « sujet qui tue ». On peut rappeler l'assassinat le 4 janvier du gouverneur du Pendjab par son garde du corps. Le gouverneur a été assassiné en raison de ses positions en faveur de la réforme de la loi sur le blasphème. Et son garde du corps est en train de devenir une sorte de héros national.

En fait l’affaire de la réforme de la loi cristallise toutes les frustrations d'une société pakistanaise qui ne se reconnaît plus dans des élites compromises avec les étrangers. Parce que ce sont eux, les étrangers, qui s'indignent de la sévérité de la loi pakistanaise. Et il y a effectivement derrière cette montée de l'intolérance un très fort sentiment antioccidental qui s'exprime.

Le Pakistan est un pays ravagé par une crise économique et sociale profonde. Une partie de son territoire, considéré comme un sanctuaire terroriste par Washington, est régulièrement soumis à des attaques aériennes américaines.

Alors l'affaire a pris une dimension idéologique et politique considérable et les autorités sont dans l'incapacité totale d'expliquer aux gens la nécessité de séparer la religion de la politique. D'ailleurs la Constitution de la « République islamique du Pakistan » entretient elle-même un flou préjudiciable à toute tentative d'éclaircir le débat.

Du coup, tout le monde à peur, les politiques, les militaires, les juges, les avocats, les associations. Et le climat devient extrêmement malsain comme en témoigne ce nouvel épisode dramatique.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.