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Japon / Séisme

Au Japon, le risque nucléaire s'aggrave très sérieusement

Le reacteur numéro 3 de la centrale nucléaire de Fukushima à Minamisama en feu après une explosion. Image satellitaire du 14 mars 2011.
Le reacteur numéro 3 de la centrale nucléaire de Fukushima à Minamisama en feu après une explosion. Image satellitaire du 14 mars 2011. Digital Globe/Handout /Reuters
Texte par : RFI Suivre
8 mn

Selon l'Autorité française de sûreté nucléaire (ASN), l'enceinte de confinement du réacteur numéro 2 de la centrale de Fukushima n'est plus étanche, tandis qu'un incendie s'est déclaré temporairement dans les bâtiments du réacteur numéro 4, laissant échapper des particules radioactives. A l'heure actuelle tous les réacteurs de la centrale posent problème. La société Tepco, qui gère le site, a demandé l'aide des forces d'auto-défense et de l'armée américaine pour tenter de refroidir ses réacteurs.

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Notre dossier spécial

Ce mardi 15 mars 2011, une troisième explosion s'est produite dans la centrale nucléaire de Fukushima. Après les deux explosions survenues depuis samedi dans les bâtiments qui abritent les réacteurs 1 et 3, c'est celui du réacteur numéro 2 qui a subi le même sort. L'enceinte de confinement qui abrite ce réacteur ne serait plus étanche, selon l'Autorité française de sûreté nucléaire (ASN). En cause : les systèmes de refroidissement qui sont tombés en panne dans trois des six réacteurs de cette centrale qui date des années 1970.

Par ailleurs, un incendie s'est déclaré dans le réacteur numéro 4, incendie qui aurait été éteint mais le niveau d'eau baisse et la température augmente. Deux brèches de huit mètres de large ont été détectées dans l'enceinte extérieure du bâtiment. Selon l'agence de sécurité nucléaire japonaise, des substances radioactives auraient été libérées dans l'atmosphère à de très fortes doses. Le Japon a demandé l'aide des Etats-Unis et de l'Agence Internationale de l'énergie atomique basée à Vienne. Un taux de radioactivité au-dessus de la normale a également été mesuré à une centaine de kilomètres au nord de Tokyo, aggravé par des vents moins favorables qu'hier qui poussent les particules vers le sud, donc vers Tokyo. Mais ce mardi, en fin de matinée, l'Organisation météorologique mondiale assurait que les vents éloignaient dorénavant vers le large la menace de radioactvité sur le Japon et d'autres pays.

Toutes les personnes doivent rester calfeutrées chez elles ou dans leur bureau.

Yves Alemanie, président de l'association franco-japonaise à Tokyo

Restez dans vos maisons et dans vos bureaux, il ne faut pas sortir.

Le Premier ministre japonais Naoto Kan

Tokyo : un taux de radioactivité dix fois supérieur à la normale

Le Premier ministre japonais Naoto Kan a demandé aux personnes vivant dans la zone entre 20 et 30 kilomètres de rester confinées chez elles alors que plus de 200 000 personnes ont déjà évacué la zone. La ministre de la Consommation a de son côté demandé aux habitants de ne pas continuer à dévaliser les magasins, ce qui pourrait affecter la distribution alimentaire dans les zones du Nord-Est, plus touchée par le séisme et le tsunami. Les habitants des environs de Tokyo ont déjà fait des réserves justement au cas où elles devraient rester bloquées chez elles pendant plusieurs jours. Un taux de radioactivité dix fois supérieur àla normale a été enregistré à Tokyo, selon la mairie de la capitale japonaise.

Nouvelles mesures

Une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la centrale de Fukushima. Un périmètre d'évacuation de 30 kilomètres a été dessiné autour de la centrale, donc 10 kilomètres de plus qu'hier et puis des consignes de confinement, pour ceux qui vivent au delà des 20 kilomètres de la zone d'exclusion.

Dans le nord du pays, 100 000 militaires sont à pied d'oeuvre pour tenter de trouver des survivants au tremblement de terre et surtout au tsunami dévastateur. Les secours arrivés de plusieurs pays s'organisent et certains sont dotés d'unités spéciales pour intervenir en zone contaminée. La sécurité civile française notamment est arrivée hier soir, lundi, à Tokyo alors qu'une distribution des pastilles d'iode doit être organisée auprès de la communauté française.

Pour l'heure, le bilan officiel de source policière, s'élève à 2 414 décès, 3 118 disparus et 1 885 blessés.

En réaction à la situation dramatique que traverse le pays, la bourse de Tokyo a fait un plongeon spectaculaire de plus de 14%.

Un vent d'inquiétude a fait frémir Tokyo...

Avec notre correspondant à Tokyo, Stéphane Lagarde

A Tokyo, dans la capitale japonaise, il y a eu un petit vent de panique ce mardi matin, quand ont été annoncées ces mesures de radiation supérieures à la normale. Et puis cela s’est calmé... Les Japonais sont très calmes, peut-être encore plus calmes que d’habitude d’ailleurs.

Avec des magasins fermés en fin de matinée dans la capitale, la plupart des habitants restent chez eux. Les rares passants, à pied ou à vélo, portaient des masques pour se prémunir de ces poussières ou de ces pluies éventuellement chargées des retombées radioactives.Aucune mesure de confinement annoncée officiellement pour Tokyo donc, ce sont des décisions individuelles laissées à chacun. Il y a eu une inquiétude mais elle est mainteant retombée.

Ce mardi matin à la gare du TGV, j’ai quand même vu des couples avec des enfants qui prenaient le train vers le sud du pays, toujours dans le calme, pour se protéger bien sûr.

« Bien sûr que j’ai peur », me disait un vieil homme de 74 ans. On connaît le cauchemar nucléaire, nous les Japonais, mais en même temps on a besoin d’électricité. Cela résume bien l'état d'esprit ici, c’est un mélange entre le calme, le stoïcisme et malgré tout une certaine inquiétude.

 

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