Chine / France

La presse et les autorités chinoises restent discrètes sur l’arrivée de Nicolas Sarkozy en Chine

Le président chinois Hu Jintao (d), et le président français Nicolas Sarkozy, à Paris le 4 novembre 2010.
Le président chinois Hu Jintao (d), et le président français Nicolas Sarkozy, à Paris le 4 novembre 2010. AFP/Thomas Samson

Nicolas Sarkozy arrive en Chine ce mercredi 30 mars 2011. Le président français doit inaugurer jeudi un séminaire informel du G20 à Nankin, dans le sud du pays, avant de s’envoler pour une courte visite au Japon. Une rencontre, suivie d’un dîner de travail, avec le président chinois Hu Jintao est prévue ce mercredi soir. Une arrivée et un dîner sur lesquels la presse et les autorités chinoises communiquent à minima.

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Avec notre correspondant à Pékin,

Paris y voit un signe de l’accueil privilégié réservé par les autorités chinoises à leur hôte français. L’entretien prévu ce soir entre Nicolas Sarkozy et Hu Jintao a été rallongé d’une demi-heure, le temps nécessaire pour évoquer les grands sujets du moment -l’intervention en Libye et la crise nucléaire au Japon notamment-.

« Ce n’est pas une visite d’Etat, le protocole est donc allégé, explique-t-on côté français. Les autorités chinoises ont donc à cœur de prévoir un accueil particulier à Nicolas Sarkozy en souvenir de la visite de Hu Jintao en France en novembre ». L’entretien sera ainsi suivi par un dîner de travail entre les deux présidents, en présence de Christine Lagarde. La ministre des Finances qui animera les débats du G20 à Nankin.

Côté Chinois en revanche, le message ne semble pas être tout à fait le même avec une communication à minima. Nicolas Sarkozy va rencontrer « des dirigeants chinois » à l’occasion d’un « séminaire académique » affirmait hier, sans plus de précision, Madame Jian Yu, porte-parole de la diplomatie chinoise. Le ministère chinois des Affaires étrangères, joint par RFI ce mercredi matin, a ainsi renvoyé vers l’ambassade de France pour obtenir « d’avantage d’informations concernant le programme du président Français ».

Silence papier

Un service minimum associé à des interrogations quant à la portée de la rencontre du G20 jeudi à Nankin. « Je n’ai pas de grandes attentes sur ce séminaire présidé par Nicolas Sarkozy. Sans le soutien des Etats-Unis le système ne changera pas », affirme par exemple Xia Bin, le conseiller de la Banque populaire de Chine au très officiel site d’information China.org.

Silence réservé dans les kiosques également. Pas de titres, rien dans les pages intérieures du Jinghua Shi Bao (Beijing Times), rien non plus dans le Beijing Shen Bao (le Matin de Pékin) et dans l’ensemble des quotidiens. L’embarras des autorités chinoises sur ce séminaire « organisé par la France » se traduit par une absence de couverture médiatique.

L’Elysée a fait de ce déplacement, un moment fort de la présidence française du G20 souhaitant mettre en avant le rôle de la Chine dans la réforme du système monétaire mondial. Pékin estime, pour sa part, qu’il ne s’agit que d’un « séminaire de travail » où « le taux de change du yuan ne sera pas un sujet de discussion ».

« Je ne crois pas que les Chinois accordent la même place à ce séminaire que les Français. Et il suffit de regarder les journaux pour s’en convaincre, explique He Ping, professeur à l’école de Management et d’Economie de l’université Tsinghua de Pékin. Ce n’est pas à Nankin que nous réglerons les problèmes du système monétaire, il s’agit d’abord de débats techniques ».

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