France/ Chine

G20: La convertibilité du yuan débattue lors du sommet informel de Nankin

La ministre française des Finances, Christine Lagarde (G) et le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer à Nankin(Chine) lors d'un séminaire du G20 organisé par la France, le 31 mars 2011.
La ministre française des Finances, Christine Lagarde (G) et le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer à Nankin(Chine) lors d'un séminaire du G20 organisé par la France, le 31 mars 2011. REUTERS/Aly Song

Une réunion supplémentaire pour tenter de faire avancer la réforme du système monétaire international. Organisé par la présidence française du G20, le sommet informel de Nankin ne devait pas donner lieu ce jeudi 31 mars 2011 à un communiqué final. Officiellement, ce séminaire visait à esquisser des pistes de réflexion qui seront rediscutées en avril à Washington. Mais en coulisses, c’est bien la politique monétaire chinoise qui était l’objet de toutes les discussions. Surtout, Nankin devait permettre aux dirigeants mondiaux de progresser sur l’idée d’une convertibilité du yuan.

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De notre envoyé spécial  à Nankin

Des bijoux en jade aux prix d’une berline allemande dans les boutiques des hôtels, une vue imprenable sur les montagnes de Nankin, un lac artificiel, des tapis épais et du sol en marbre… Le Purple Palace qui accueillait le G20 n’a rien à envier aux 5 étoiles des sommets du G8. Le lieu résume à lui seul toute la complexité des débats de ce jeudi.

La Chine, deuxième puissance économique du monde, demeure néanmoins un pays émergent. Ce constat a poussé la présidence française du G20 a à choisir Nankin pour accueillir ce séminaire. Car iI est impossible désormais de faire abstraction de la puissance chinoise pour réformer le système monétaire international.

Des Chinois réticents

A quoi a servi Nankin ? De nombreux observateurs se posaient la question ces derniers jours au regard des réserves posées par les autorités chinoises. Craignant surtout d’éventuelles déclarations autour d’un yuan considéré comme sous-évalué par ses principaux partenaires commerciaux, Pékin a pris les devants : on ne parle pas du taux de change du yuan ! Il s'agit d'un séminaire « académique » ont ainsi prévenu les autorités chinoises. Afin d'anticiper les dérapages et les petites phrases échappées des salles capitonnées du complexe hôtelier, propriété du gouvernement, la presse officielle a assuré une couverture médiatique minimale. De manière à atténuer l’attention de l’opinion sur la rencontre.

« Ce ne sera pas Pékin (ni même Shanghai) mais Nankin, reconnaît une source française avant de corriger : On n’a pas pris la capitale pour ne pas donner quelque chose de trop important. En même temps, Nankin est la capitale du nationalisme chinois, c’est donc un symbole fort ! » A elle seule, l’affiche de ce séminaire est un succès, a rappelé pour conclure Christine Lagarde, la ministre française des finances : 8 gouverneurs de banques centrales, 13 ministres des Finances, le secrétaire américain au Trésor et un panel de représentants de la société civile ont fait le déplacement en Chine.

« Blah blah utile »

La réunion n’a pas donné lieu à un communiqué final. Mais ce dénouement n'est guère surprenant. Le sommet de Nankin avait pour objectif de préparer le terrain à la réunion des ministres des Finances en avril à Washington. Aucune conclusion n’était donc attendue sur le sol Chinois. Alors qu'a-t-on fait toute la journée à Nankin ? On a d’abord beaucoup parlé. « C’est du blabla utile », nous confiait une source française à l’issue de la conférence. Les DTS, les fameux Droits de Tirage Spéciaux du Fond monétaire international, ont fait l’objet de toutes les conversations jusqu’à la pause déjeuner.

Selon la ministre française des Finances, tous les présents ont conclu à la nécessité d’élargir ce panier de monnaie du FMI qui permet à l’institution monétaire internationale de disposer de réserves de liquidités. A terme, l’idée est d’y inclure la monnaie chinoise et donc de tendre vers une convertibilité du yuan. C’est l’une des propositions fortes émises par la présidence française du G20 et appuyée lors de son discours d’ouverture par Nicolas Sarkozy. Cependant, on est encore très loin du compte. Même si le gouverneur de la Banque centrale de Chine se serait déclaré favorable à cette option lors du dîner de travail entre le président chinois Hu Jintao et son homologue français. Pékin souhaite toutefois aller à son rythme et refuse toute pression extérieure. En outre, la Chine rejette un calendrier imposé.

Politique franco-française

« Ce panier de monnaie élargi et ce rôle accru du FMI figuraient déjà dans nos papiers en février », a confié une source proche de l’institution monétaire internationale avant de quitter le centre de conférence. Après la guerre des monnaies, viennent les querelles politiques françaises. Dominique Strauss-Kahn, potentiel rival de Nicolas Sarkozy au scrutin présidentiel de 2012, était également présent. Le directeur du FMI a annulé sa conférence de presse au dernier moment. Une façon de ne pas promouvoir un évènement soutenu par le président de la République.

 

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