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Japon / Economie / Catastrophes naturelles et technologique

Le Japon va utiliser les grands moyens pour reconstruire une économie en lambeaux

Dans la ville de Minamisanriku, préfecture de Miyagi, le 22 mars 2011
Dans la ville de Minamisanriku, préfecture de Miyagi, le 22 mars 2011 Reuters/Carlos Barria
Texte par : Myriam Berber
5 mn

Usines détruites, pénuries d’électricité, consommateurs trop économes : l’économie japonaise est en panne depuis le tsunami et la destruction de la centrale de Fukushima. La catastrophe pourrait coûter 300 milliards de dollars, selon la dernière estimation du gouvernement japonais.

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Le gouvernement japonais revoit à la baisse ses prévisions économiques. « Le drame du 11 mars  devrait avoir sur l'économie du pays des conséquences plus graves qu'initialement estimé », a déclaré, le 12 avril 2011, le ministre de l'Economie Kaoru Yosano qui évalue désormais le coût de la catastrophe à près de 300 milliards de dollars. Même constat pessimiste pour le Fonds monétaire international qui abaisse également sa prévision de croissance pour le Japon. L’institution financière prévoit que le produit intérieur brut (PIB) de la troisième économie mondiale n’augmentera que de 1,4% en 2011 contre une prévision antérieure de 1,6%.  

Le gouvernement a également revu à la baisse ses attentes sur trois moteurs essentiels de l’économie nippone : la consommation, la production industrielle et les exportations. En premier lieu, la consommation des ménages. Dans les semaines qui ont suivi la catastrophe, les Japonais ont réduit leur train de vie, épargnant « au cas où ». Les achats dans les grands magasins ont, par exemple, baissé de plus de 50% dans la région de Tokyo. Quant aux ventes de voitures, elles ont reculé de 35% par rapport à l’an dernier. Pour ne pas précipiter l’économie du pays dans la récession, le gouvernent a appelé les habitants à cesser de restreindre leur consommation.

Des répercussions en Europe

Deuxième moteur : la production industrielle qui a diminué à cause des destructions d'usines de matériaux et composants, mais aussi des pénuries électriques. Parmi les secteurs les plus touchés, l’électronique et l’automobile. La production a repris progressivement dans les usines des trois principaux constructeurs automobiles (Toyota, Nissan et Honda), mais reste encore très perturbée en raison des coupures d’électricité et des problèmes d’approvisionnement en composants.

Ce ralentissement dans des industries qui exportent une part importante de leur production commence à se faire sentir en Europe et aux Etats-Unis où certaines entreprises mettent en place des mesures de chômage technique. Le groupe Toyota a annoncé, le 13 avril 2011, la suspension de la production de cinq de ses usines en Europe. Les géants de l’électronique Sony et Toshiba sont également très affectés, puisque la pénurie de pièces et de matériaux, empêchent la fabrication de nombreux produits comme les microprocesseurs, les téléviseurs ou encore les appareils photos.

Les efforts de reconstruction

Cette production industrielle est également à l’arrêt en raison de la pénurie d’électricité. De Toyota à Sharp, les géants industriels ont été forcés de réduire, voire de suspendre, une partie de leur production à cause des pénuries électriques liées à l’arrêt des réacteurs nucléaires. Le gouvernement a annoncé des objectifs chiffrés d’économie afin de faire face aux pics de consommation de l’été : baisse de près de 20% pour les particuliers et de 25% pour les entreprises aux heures de pointe. Enfin, les autorités nippones s’inquiètent du risque de baisse des exportations lié aux nouvelles peurs de leurs clients. De nombreux pays ont, en effet, restreint l'achat de produits nippons du fait des radiations émises par la centrale accidentée de Fukushima.

Alors que la catastrophe pèse sur l’économie du pays, la reconstruction du pays devrait relancer la troisième économie mondiale. « Il y aura beaucoup de travail en matière de reconstruction, d’infrastructures, de logements. Cela pourrait doper l’activité », a expliqué Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE. Le gouvernement a l’intention de faire voter le plus rapidement possible son premier budget de reconstruction de 33 milliards d’euros. Pour le financer, il a annoncé qu’il allait puiser dans sa contribution annuelle au financement des retraites, réduire de 20% son aide au développement et augmenter les impôts. Plus des deux tiers des Japonais sont favorables à une taxe supplémentaire pour financer l’effort de reconstruction.  

Pour en savoir plus :

Un rapport du FMI sur la situation économique nippone
http://www.imf.org/external/np/sec/pr/2010/pr10200.htm

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
http://www.ocde.org

Le dossier de RFI : le Japon, du séisme à la catastrophe nucléaire
http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20110314-dossier-special-seisme-tsunami-japon-nucleaire
 

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