ONU/Sri Lanka

L’ONU publie un rapport très attendu sur la guerre au Sri Lanka

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Reuters

Après de nombreux reports, l'ONU a finalement publié son rapport d'experts sur les allégations de crimes pendant la guerre de 2009 au Sri Lanka entre le gouvernement et les indépendantistes des Tigres tamouls. Le rapport conclut à de possibles crimes de guerres et crimes contre l'humanité commis par les deux parties, pendant la dernière phase de la guerre.

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Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

Il y a eu au Sri Lanka des violations suffisamment graves pour être assimilées à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Les experts de l'ONU relèvent que l'armée sri-lankaise a délibérément et à plusieurs reprises bombardé des populations civiles pendant la guerre de 2009. Et ils accusent les rebelles tamouls d'avoir empêchés ces populations de fuir les zones bombardées.

On assiste à une polarisation de la société.

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Le rapport critique également les Nations unies pour avoir échoué dans leur mission de protection des civils au Sri Lanka et pour avoir gardé le silence sur le nombre de victimes qui s'élève selon les auteurs à plusieurs dizaines de milliers de morts entre juin et mai 2009.

Le rapport a été l'objet de vives tensions entre l'ONU et le gouvernement sri-lankais. Le Sri Lanka n'a pas répondu à l'offre du secrétaire général Ban Ki-moon de publier une réponse aux accusations. Ce rapport pourrait bien rester sans suite.

Ban Ki-moon assure ne pas avoir le pouvoir de demander une enquête internationale et s'en remet au gouvernement sri-lankais ou aux Etats membres des Nations unies pour le faire.

Le déni du pouvoir sri-lankais

Les faits remontent il y a un peu plus de deux ans. C'était en mai 2009, quelque 300 000 civils tamouls se trouvaient coincés sur une petite bande de terre, officiellement décrétée zone de cessez-le-feu, tandis que la guerre se poursuivait entre l'armée sri-lankaise et les Tigres tamouls.

Sauf que, la zone censée abriter les populations civiles était en fait soumise aux bombardements comme le reste, que les hôpitaux eux- mêmes n'étaient pas épargnés, d'après le rapport des experts de l'ONU. Mais cela, le gouvernement sri-lankais refuse de l'entendre.

Pour le président Rajapakse, la guerre a pris fin sans la moindre victime civile. Et aujourd'hui, soumis aux accusations de ce panel d'experts désignés par l'ONU, la population cinghalaise, dans sa grande majorité jusque dans les rangs de l'opposition, se range aux côtés du pouvoir pour dénier les crimes de guerre et autres crimes contre l'humanité. Seuls les Tamouls défendent ce rapport, et ce bien que les rebelles tamouls y soient également dénoncés pour s'être servi des civils comme boucliers humains.

Résultat, la réconciliation se fait attendre, le fossé continue de se creuser entre Cinghalais et Tamouls. Puis surtout, le gouvernement -fort de ses appuis russe et chinois- ne craint plus rien de l'ONU.

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