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Chine/Tabac

La Chine adopte sans grande conviction une nouvelle loi antitabac

La sensibilisation de la population aux méfaits du tabac est restée jusqu'à présent quasi-inexistante en Chine.
La sensibilisation de la population aux méfaits du tabac est restée jusqu'à présent quasi-inexistante en Chine. REUTERS/David Gray
Texte par : Christophe Carmarans
3 mn

C’est ce dimanche 1er mai qu’entre en vigueur en Chine l’interdiction de fumer dans les espaces publics fermés. Plus gros consommateur de tabac au monde avec 350 millions de fumeurs réguliers, le pays ne semble pas réellement préparé à faire appliquer la nouvelle loi.

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La loi antitabac qui entre en vigueur ce dimanche 1er mai en Chine risque de ne pas être d’une grande efficacité. Après avoir signé en 2006 un traité avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour mettre en application l’interdiction de fumer dans les espaces publics au 1er janvier 2011, Pékin a un peu traîné les pieds et déjà pris quatre mois de retard.

Des textes flous

A quelques jours de la mise en application de la nouvelle loi, très peu de Chinois en avaient entendu parler, faute d’une campagne d’information sur le sujet. En théorie, la nouvelle législation est pourtant dissuasive. A titre d’exemple, les patrons d’établissement qui ne feront pas respecter l’interdiction de fumer entre leurs murs risqueront une amende de 30 000 yuans (environ 3 000 euros), une somme non négligeable dans un pays où le revenu moyen reste de 300 dollars par mois.

Dans la pratique cependant, l’interdiction a, semble-t-il, peu de chance d’être appliquée, les textes de la loi elle-même demeurant assez flous. Si elle prévoit de limiter le nombre de distributeurs automatiques et d’interdire la cigarette dans les endroits publics fermés ainsi que dans les moyens de transports, la loi de ne s’appliquera pas aux usines et aux bureaux, autrement dit aux lieux de travail.

En 2008, à l’occasion des Jeux olympiques de Pékin, puis en 2010 lors de l’Exposition universelle de Shanghai, les tentatives pour restreindre le tabagisme avaient été un échec, la cigarette étant profondément ancrée dans les habitudes des Chinois. Ceux-ci sont d’ailleurs très mal informés sur les méfaits du tabac, la moitié des médecins chinois étant eux-mêmes des fumeurs.  

Des profits considérables

« Seulement 23% des adultes pensent que la fumée peut provoquer le cancer ou des problèmes de santé » constate une responsable de l’OMS dans les colonnes du Los Angeles Times. Si le gouvernement manifeste peu d’entrain à lutter contre le tabagisme, c’est qu’en réalité l’État tire des profits considérables de la consommation de cigarettes.

Selon le quotidien China Daily, la China National Tobacco Corporation, l’organisme qui détient le monopole de la distribution du tabac en Chine, avait enregistré 52 milliards d’euros de revenus en 2009, soit l’équivalent de 7,5% des recettes de l’État cette année-là. A moyen terme, ces recettes risquent néanmoins d’être mises en balance avec le coût réel du tabagisme en Chine où plus d’un million de personnes décèdent chaque année à cause du tabac, un chiffre qui doit tripler dans les vingt prochaines années.

 

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