Afghanistan

De hauts responsables de la sécurité tués dans un attentat kamikaze en Afghanistan

Le général Daoud Daoud, qui a été tué dans l'attentat, était une figure politique. Ancien commandant de l'Alliance du Nord, il avait été un proche du commandant Massoud puis vice-ministre de l'Intérieur en charge de la lutte contre le trafic de drogue.
Le général Daoud Daoud, qui a été tué dans l'attentat, était une figure politique. Ancien commandant de l'Alliance du Nord, il avait été un proche du commandant Massoud puis vice-ministre de l'Intérieur en charge de la lutte contre le trafic de drogue. Reuters/Wahdat

Au moins six personnes ont été tuées dans un attentat revendiqué par les talibans à Taloqan, dans la province de Takhar, au nord du pays, ce samedi 28 mai 2011. Parmi les victimes figurent de hauts responsables afghans et de la coalition engagée en Afghanistan. C’est un coup très dur porté aux forces de sécurité.

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Avec notre correspondant à Kaboul, Vincent Vulin

L’attaque s’est produite dans l’enceinte abritant les bureaux du gouverneur de la province de Takhar. Alors que les hauts responsables sortaient d’une réunion, un kamikaze vêtu d’un uniforme de la police a réussi à se faire sauter dans le couloir.

Parmi les morts, on compte les principaux chefs de la sécurité afghane dans le nord du pays, notamment le général Daoud Daoud, chef de la police pour toute la région Nord. Le général avait acquis la confiance des Américains, qui le considéraient comme l’un des meilleurs commandants afghans. Son subordonné, le chef de la police pour la province de Takhar, est également décédé.

Le gouverneur de la province, présent aussi durant la réunion, est lui blessé. Deux soldats de l’Otan ont été tués et le général allemand, Markus Kneip, commandant les forces de la région Nord, souffrirait de blessures légères.

Immédiatement les talibans ont revendiqué cet attentat spectaculaire. Ils assurent, dans un communiqué, que les hauts responsables s’étaient retrouvés pour discuter de la sécurité dans la province. Takhar longtemps considérée comme calme, est soumise depuis un an à une forte progression des talibans.

Vives réactions des officiels en Allemagne où l'engagement militaire en Afghanistan est très contesté

C'est le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maiziere, visiblement très ému, qui a de nouveau annoncé ce samedi la mort de soldats allemands en Afghanistan, rapporte notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux. Ces nouvelles pertes surviennent quelques jours seulement après la mort d’un commandant près de Kunduz. Le prix de l’engagement allemand est amèrement élevé a estimé le ministre, pourtant celui-ci doit se poursuivre. L’auteur de l’attentat et ses commanditaires sont des criminels mais ils n’auront pas le dernier mot, a assuré le bras droit d’Angela Merkel. La chancelière s’est dite pour sa part choquée et attristée par l’attentat.

L’engagement militaire en Afghanistan, très impopulaire en Allemagne, est régulièrement remis en question par les Verts et les néo-communistes de Die Linke. Le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle a évoqué à plusieurs reprises un retrait possible dans les années à venir.

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