Chine / Minorités

La «guerre des mots» des autorités chinoises et des Ouïghours sur les incidents du Xinjiang

Le Xinjiang, l'une des cinq régions autonomes de Chine.
Le Xinjiang, l'une des cinq régions autonomes de Chine. .

Les versions s'affrontent sur les incidents qui ont eu lieu ce 18 juillet à Hotan, dans la région autonome du Xinjiang et qui auraient fait au moins 4 morts. Selon le Congrès mondial ouïghour, des manifestants de la communauté ouïghoure auraient voulu libérer des détenus, victimes d'une opération de répression, en prenant en otage des policiers chinois. Pour les autorités chinoises, il s'agit d'une attaque contre un commissariat de police par des indépendantistes.

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Avec notre correspondant à Pékin, Joris Zylberman

La version officielle indique que des émeutiers non identifiés ont pris d'assaut le commissariat de Hotan près du Grand bazar, dans le centre-ville. Ils ont pris des otages et mis le feu au bâtiment. La police armée aurait alors tiré sur les émeutiers pour reprendre le contrôle de la situation rapidement. La presse chinoise a d'abord parlé au moins de 4 morts, puis du double. Les victimes seraient des otages, des assaillants et des policiers.

Ce bilan est contesté par les dissidents en exil du Congrès mondial ouïghour, basé à Münich, en Allemagne. Selon ces derniers, il y aurait eu une vingtaine de morts. Les manifestants auraient pris des policiers en otages pour obtenir la libération de leurs proches. Des coups de feu auraient été tirés par les policiers sur les protestataires. Les Ouïghours reprochent au gouvernement chinois des arrestations arbitraires sous prétexte de lutte contre le séparatisme.

La version du Congrès mondial ouïghour a été contestée à son tour par le quotidien chinois officiel Global Times. Rien ne permet non plus de contester celle de la police de façon indépendante.

Les autorités chinoises ont déployé des unités contreterroristes dans la région de peur que la situation explose comme il y a deux ans, à Urumqi, dans la capitale du Xinjiang.

Le 5 juillet 2009, Urumqi, avait été secouée par des émeutes entre Ouïghours et Hans -l’ethnie majoritaire en Chine – qui avaient fait au moins 200 morts et quelque 1 700 blessés.

Le Xinjiang  est le pôle d'ancrage des Ouïghours, anciens nomades de culture musulmane et turcophone venus de Mongolie au VIIIe siècle. Le Xinjiang a été annexé dans l'empire chinois au XVIIIIe siècle et la République populaire de Chine a maintenu le contrôle sur la région, secouée régulièrement par des révoltes ouïghoures.

Au cours de ces dernières années, les Ouïghours ont vu leurs traditions érodées par les restrictions imposées par le gouvernement chinois et par un afflux de population han, le groupe majoritaire chinois. Aujourd'hui, les Ouïghours ne constituent plus que la moitié de la population de cette région autonome.

Selon le secrétaire général du Congrès mondial ouïghour, interrogé par le quotidien New York Times, au cours de ces deux dernières semaines, les policiers chinois se sont livrés à des perquisitions et ont procédé des arrestations parmi les Ouïghours. Ces opérations « Frapper fort » ont eu lieu régulièrement depuis le début des années 90.

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