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France / Kazakhstan / Economie

Le Kazakhstan, ami du CAC 40

Palais de l'Élysée, le 19 septembre 2011. Noursoultan Nazarbaïev, président du Kazakhstan
Palais de l'Élysée, le 19 septembre 2011. Noursoultan Nazarbaïev, président du Kazakhstan © Service photos présidence française
Texte par : Daphné Gastaldi
5 mn

Les sociétés françaises peuvent se réjouir du passage en France du président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev, qui était à l'Elysée ce 19 septembre 2011. Des contrats juteux ont été signés à l'occasion de cette visite. En moins d'un an, c'est la seconde fois que Nicolas Sarkozy et Noursoultan Nazarbaïev se rencontrent .

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La visite du président Noursoultan Nazarbaïev à Paris a porté ses fruits et les grands groupes français comme Alstom, Areva ou Total, se réjouissent des contrats qu'ils viennent de signer. À 71 ans, le chef de l'État kazakh, réélu en avril 2011, avec 95,5% des suffrages, est très actif dans la recherche des partenariats économiques.

Le Kazakhstan, terre promise ?

Les investisseurs se rapprochent de plus en plus de cette République d’Asie centrale. Depuis la fin de l'Union des Républiques socialistes et soviétiques (fin 1991), les ressources du Kazakhstan suscitent les convoitises en Occident.  Pour l'économiste Anna Dobrec, le Kazakhstan joue un rôle économique crucial en Asie centrale.

« Le Kazakhstan est un pays riche en ressources naturelles. Il détient 3% des réserves mondiales de pétrole et 1% des ressources de gaz. En 2009, le Kazakhstan était le premier producteur d’uranium. Ce pays se trouve entre deux géants émergents, la Chine et la Russie. Cela représente des opportunités évidentes pour les hommes d'affaires européens ».

À l'occasion de la visite éclair du président Nazarbaïev à Paris, les partenariats stratégiques entre les entreprises françaises et kazakhes se sont renforcés. Prochainement, une ligne aérienne doit relier Paris et Astana. Ce projet symbolise le lien nouveau entre les deux pays. La France compte étendre ses exploitations d'hydrocarbures au Kazakhstan. Le groupe Total espère démarrer rapidement la production de pétrole du gisement de Kashagan, dans le cadre d'un projet Nord-Caspien. Et l'uranium est évidement au coeur des discussions. Les entreprises Kazatomprom et Areva ont prévu d'étendre leur partenariat.

La demande de coopération économique n'émane pas seulement de la France. Le Kazakhstan cherche aussi des investissements colossaux pour exploiter ses ressources. Malgré une croissance économique soutenue, le pays reste toujours marqué par l'ère soviétique. Ses industries ont besoin d'être rééquipées et les infrastructures sont à développer. Ce pays aux portes de l'Europe se tourne de plus en plus vers l'ouest. Un accord de partenariat et de coopération entre l'Union européenne et le Kazakhstan est d'ailleurs en cours de négociations.

Une zone tampon entre l’Orient et l’Occident

Le Kazakhstan s'étend entre la Chine et la Russie. Il constitue une porte entre l'Orient et l'Occident dont l'Union européenne ne peut plus se priver. Le Kazakhstan a négocié pendant des années pour présider l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). En décembre 2010, c'était chose faite. Noursoultan Nazarbaïev ouvrait le sommet de l'Organisation, le premier depuis 11 ans, consacrant l’importance stratégique de la nouvelle République.

Lundi soir, lors de la rencontre à l'Élysée -la dernière remonte à octobre 2010-, Nicolas Sarkozy n'a pas oublié de saluer l'action du Kazakhstan à la tête de l'OSCE en 2010. Le président français n’avait pas pu se rendre au dernier sommet organisé à Astana, l’an dernier, ce qui avait froissé le président Nazarbaïev. Nicolas Sarkozy a donc rattraper son retard diplomatique envers le Kazakhstan. Et ce rapprochement passe par l’économie.

La France a besoin de l’amitié kazakhe

La France est un des partenaires importants du Kazakhstan, après la Russie et la Chine. Une commission intergouvernementale franco-kazakhstanaise. a même été créée en octobre 2010. Mais, contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette relation entre la France et le Kazakhstan n'est pas exclusive en Europe.

L'historienne, spécialiste de l'Asie centrale, Catherine Poujol, souligne qu’Astana ne tient pas rigueur à Paris de l'avoir négligé pendant longtemps. L'essentiel pour le président Nazarbaïev est de développer des relations multivectorielles en France notamment : « comme le président kazakh est venu en France, on a l’impression qu’il se passionne pour la France. Mais en réalité, il cherche à avoir des relations fortes et fructueuses avec le plus de partenaires possibles. Il n’y a pas d’exception française dans la politique kazakh. Par contre, ce qui est plutôt rassurant, c’est que le Kazakhstan cherche à équilibrer ses relations et ne pas laisser de côté le partenaire français, qui a pourtant mis pas mal de temps avant de venir jusqu’à lui ».

Un hyperprésident sur internet

Si les entreprises françaises sont maintenant décidées à s'implanter au Kazakhstan, c'est aussi parce que le pays -souvent critiqué pour ses atteintes aux droits de l'homme- est en pleine transition politique.

Par rapport à ses voisins, il fait figure de régime autoritaire plus ouvert. A l'heure d'internet, le droit d'expression se développe peu à peu. « Ce pays et comme tous les autres dans le même cas, est irrigué par les réseaux sociaux, par internet, par Twitter. En une seule génération, voire deux, on va prendre l’habitude d’un pluralisme d’idées. D’où leur volonté de vouloir souvent couper les antennes. Le pouvoir n’y peut pratiquement rien si ce n’est de se former à ce genre d’innovations », rappelle Catherine Poujol.

D'un côté, le gouvernement censure internet; de l'autre il ne peut s'en passer puisque lui aussi s'en sert pour communiquer. Le président Noursoultan Nazarbaïev -un ancien apparatchik de l'ère soviétique- utilise désormais, comme les présidents occidentaux, les réseaux sociaux pour communiquer avec ses électeurs.


À consulter :

Rapport Human Rights Watch sur le Kazakhstan.

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