Maldives

Aux Maldives, les spas doivent fermer sous la pression des islamistes

Une plage de l'île de Kurumathi, à l'ouest des Maldives.
Une plage de l'île de Kurumathi, à l'ouest des Maldives. AFP PHOTO/Lakruwan WANNIARACHCHI/FILES

Après les protestations d'un mouvement radical, le gouvernement des Maldives, archipel touristique de l'océan Indien où l’islam est religion d’Etat, vient d’ordonner la fermeture des spas des hôtels de luxe. Le parti Adhaalath les accuse d'être des lieux de prostitution. Le ministère du Tourisme a demandé à tous les établissements des 1 192 îlots coralliens des Maldives de fermer leurs centres de soins esthétiques et de massage, avec effet immédiat.

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C’est une forte pression des musulmans rigoristes qui est à l’origine de la décision du gouvernement des Maldives. La semaine dernière, le parti Adhaalath (Justice), un mouvement religieux ultraconservateur d’opposition, a organisé des défilés à Malé, la capitale, affirmant que les spas étaient des lieux de prostitution.

Des milliers de manifestants ont réclamé également la fin de toutes les activités jugées contraires à l'islam : interdiction de la vente d'alcool dans tout l'archipel et démolition des monuments offerts par d'autres pays au motif qu’à leurs yeux, ce sont des idoles. Adhaalath a aussi proclamé son opposition au projet du gouvernement d'autoriser des vols directs vers Israël.

La manifestation regroupait plusieurs autres mouvements qui réclament, eux aussi, une application stricte de la loi islamique et accusent le gouvernement du président Mohammed Nasheed de compromettre les principes de l'islam.

Des conséquences négatives sur le tourisme

Vendredi 30 décembre, soit une semaine après la manifestation, le gouvernement des Maldives ordonnait aux stations balnéaires de l'archipel de fermer leurs spas. Un communiqué du bureau du président affirme que « le gouvernement a décidé de fermer les salons de massage et les spas aux Maldives ».

Entre temps, le président Mohamed Nasheed avait pourtant souhaité un islam « tolérant » pour son pays. Il avait demandé à ses concitoyens de rejeter l'extrémisme religieux et de soutenir l'islam traditionnel des Maldives, présenté comme plus libéral, même si la pratique de toute autre religion est interdite dans ce pays de 330 000 habitants.

Cette décision risque de peser sur l’activité touristique, principale source de revenus de l’archipel. Le pays, réputé pour ses plages, ses eaux turquoise et ses massifs coralliens, est une destination de luxe dont la clientèle repose notamment sur les voyages de noces. Il a accueilli cette année plus de 850 000 touristes.
 

Je pense que les hôtels vont se révolter

Margot

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