Malaisie

Malaisie: le chef de l’opposition Anwar Ibrahim, accusé de sodomie, a été acquitté

Anwar Ibrahim au milieu de la foule venue le soutenir devant le tribunal de Kuala Lumpur le 9 janvier 2012.
Anwar Ibrahim au milieu de la foule venue le soutenir devant le tribunal de Kuala Lumpur le 9 janvier 2012. REUTERS/Bazuki Muhammad

 La sodomie est un crime en Malaisie. Le verdict est une surprise, dans ce pays strictement musulman. Anwar Ibrahim lui-même avait dit qu’il se préparait au pire. Beaucoup de Malaisiens considéraient que les accusations contre Anwar étaient une manœuvre du gouvernement du Premier ministre Najib Razak pour éliminer son principal adversaire politique.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

L’étonnement devant ce verdict inattendu a immédiatement laissé place à l’euphorie parmi les centaines de partisans d’Anwar Ibrahim rassemblés devant le tribunal de Kuala Lumpur.

Le politicien a remercié sa famille et ses avocats pour leur soutien. C’est la deuxième fois qu’Anwar Ibrahim est acquitté d’une accusation de sodomie, accusation visant à chaque fois, selon certains observateurs, à détruire politiquement le chef de l’opposition.

Ce verdict pourrait galvaniser l’opposition qui, depuis 2008, menace la domination au Parlement du parti Umno, au pouvoir depuis l’indépendance en 1957. A l’approche des élections parlementaires, qui devraient avoir lieu cette année, l’acquittement d’Anwar est un désaveu cinglant pour le Premier ministre Najib Razak, son ennemi juré dont les tentatives de démocratisation du système politique n’ont pas convaincu la population. D’éventuelles révélations sur la manipulation des preuves et des témoins contre Anwar pendant le procès contribueraient encore à fragiliser le parti au pouvoir.

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