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Afghanistan / France

La France suspend ses opérations en Afghanistan après la mort de quatre de ses soldats

en Afghanistan, des soldats français du premier régiment d'infanterie de retour à leur base militaire de Tora, dans la province du Surobi. Il reste 3600 soldats français en Afghanistan.
en Afghanistan, des soldats français du premier régiment d'infanterie de retour à leur base militaire de Tora, dans la province du Surobi. Il reste 3600 soldats français en Afghanistan. AFP/Joël SAGET
Texte par : RFI Suivre
9 mn

Quatre soldats français de la force internationale (Isaf) déployée en Afghanistan ont été tués, ce vendredi 20 janvier 2012, dans la vallée de Tagab au nord-est de Kaboul. Ils auraient été abattus par un homme portant un uniforme militaire afghan qui a aussitôt été interpellé. Lors de ses voeux à la presse diplomatique, Nicolas Sarkozy a annoncé la suspension des opérations de formation et d'aide au combat de l'armée française en Afghanistan ainsi que le départ immédiat du ministre de la Défense sur place.

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Je pars ce soir même pour avoir la relation exacte des faits tels qu’ils se sont déroulés.

Gérard Longuet

« Un homme portant un uniforme afghan a ouvert le feu sur des Français », a déclaré une source anonyme auprès des forces de sécurité afghanes à l’agence France-Presse. Il a ainsi abattu quatre soldats, trois hommes du 93e régiment d'infanterie de montagne de Varces (Isère) et un homme du régiment étranger du génie de Saint-Christol (Vaucluse), blessant aussi 16 autres militaires dont huit grièvement.

L’attaque est survenue ce vendredi matin vers 8h, heure locale (3h30 TU) dans le district de Tagab, au sud de la province de Kapisa. Selon le ministre français de la Défense, Gérard Longuet les quatre hommes auraient été « abattus », « assassinés » alors qu’ils accomplissaient un entrainement sportif et qu’ils étaient désarmés. Depuis, le périmètre de la base française a été circonscrit et son accès est interdit aux forces de l'ordre afghanes, a indiqué une autre source sécuritaire.

Kapisa bête noire de l'armée française

Les forces militaires françaises sont déployées principalement dans cette province située au nord-est de la capitale, Kaboul, où la situation est particulièrement tendue. Les soldats français sont régulièrement la cible d’assauts de la part des insurgés. Et ce n’est pas la première attaque perpétrée par un homme portant l’uniforme afghan. En décembre dernier, deux soldats français avaient déjà trouvé la mort, victimes des tirs d’un soldat de l'Armée nationale afghane dont ils assuraient la formation. La fusillade avait eu lieu dans cette même vallée de Tagab.

Le 13 juillet dernier, dans le village de Joybar, un Afghan portant un uniforme de la police locale afghane avait déclenché la bombe qu'il portait sur lui, tuant cinq commandos français. Depuis 2001, 82 soldats français ont perdu la vie en Afghanistan principalement lors d'attaques d'insurgés.

La présence française remise en cause

Si les conditions de sécurité pour nos soldats ne sont pas clairement précisées, la France en tirera toutes les conséquences.

Nicolas Sarkozy

La France compte actuellement 3 600 soldats dans le pays, après le retrait de 400 de ses militaires depuis le mois d'octobre. Un retrait qui doit se poursuivre jusqu’à la fin de l’année 2014. Mais au vu des derniers évènements, le président français Nicolas Sarkozy évoque pour la première fois un retrait anticipé. Il parlera de cette hypothèse lors de la visite du président afghan Hamid Karzaï, le 27 janvier prochain.

Le ministre français de la Défense Gérard Longuet est immédiatement parti en Afghanistan afin d’étudier les conditions de sécurité. Si celles-ci n’étaient pas satisfaisantes, les troupes françaises ne seraient pas en mesure de continuer leur mission. En attendant, la France suspend ses opérations de formation de l’armée afghane et d'aide au combat. « Je ne peux pas accepter que des soldats afghans tirent sur des soldats français », a tenu a affirmé Nicolas Sarkozy.

 

Les talibans saluent le geste du « soldat afghan patriote »

Les talibans afghans ont réagi suite à l’attaque qui a couté la vie à quatre militaires français. S’ils n’ont pas revendiqué cet assaut, ils ont salué le geste du « soldat afghan patriote ».

Autres déclarations en provenance de Kaboul mais dans une tout autre teneur, le chef de l’Etat afghan Hamid Karzai a présenté ses condoléances à la France. Dans un communiqué publié peu après l’annonce du décès des militaires, le président s’est déclaré « attristé par cet incident et exprime sa sympathie profonde et ses condoléances au peuple français et aux familles des victimes ». Son ministre de la Défense a pour sa part ordonné une enquête immédiate sur l'attaque contre les soldats de l'Alliance.

En France, Nicolas Sarkozy a pour la première fois évoqué un retour anticipé des troupes déployées dans le pays. Pour le candidat socialiste à l’élection présidentielle, François Hollande, ce retrait doit intervenir sans délais : « Je renouvelle ma volonté de retirer nos forces d'Afghanistan, le plus rapidement possible, au plus tard à la fin de l'année 2012, en concertation avec nos alliés ». Une décision qu’il mettra en place s’il est élu au soir du 6 mai.

Dans l’ensemble les politiques français condamnent unanimement cette attaque. Le président du Sénat Jean-Pierre Bel (PS) « s'associe à la douleur des familles de nos soldats si durement éprouvées ». Autre candidat à la prochaine présidentielle Jean-Luc Mélenchon réclame lui-aussi le retour des soldats : « Ce drame souligne plus que jamais l'absurdité de la situation. La France n'a rien à faire dans cette guerre américaine. Nos soldats doivent quitter immédiatement l'Afghanistan ».

L’Otan, par la voix de son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen a présenté ses condoléances aux familles des victimes estimant qu'il s'agissait d'un « jour très triste » pour les troupes de l’Alliance. Enfin le président américain Barack Obama a déclaré ce vendredi soir « Les Français sont dans nos pensées et nos prières » et n’a pas souhaité commenter un possible retrait anticipé des forces hexagonales.

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