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Chine

Chine: devant les députés, Wen Jiabao met l’accent sur la stabilité et le renforcement de l’armée

Wen Jiabao s’exprime à la tribune, à l’ouverture de la session annuelle du Parlement chinois, ce lundi 5 mars à Pékin.
Wen Jiabao s’exprime à la tribune, à l’ouverture de la session annuelle du Parlement chinois, ce lundi 5 mars à Pékin. RFI/ Stéphane Lagarde

La session annuelle du Parlement chinois s'est ouverte ce lundi 5 mars à Pékin avec le traditionnel rapport d’activité du gouvernement, présenté par le Premier ministre. Pendant près de deux heures d’allocution, Wen Jiabao a esquissé les défis à relever dans une Chine où se profile une transition à la tête de l’Etat l’année prochaine. On retiendra de ce discours deux idées fortes : un objectif de croissance réduit à 7,5% cette année et un renforcement de la puissance militaire chinoise.

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Un Congrès national du peuple, comme on va au théâtre : dans le grand auditorium, une sonnerie retentit pour indiquer l’arrivée des dirigeants à la tribune. Au balcon, les cuivres de l’Armée populaire de libération entonnent l’hymne national suivi par des applaudissements.

Devant les grand rideaux rouges et les 4 étoiles du drapeau de la République populaire de Chine sur l’estrade, le Premier ministre chinois peut entamer son discours : « Chers camarades députés, les objectifs prévus cette année pour le développement économique et le progrès social sont les suivants : augmentation de 7,5% du PIB, création de plus de 9 millions d’emplois dans les agglomérations et limitation de la hausse des prix à la consommation autour de 4%, progression d‘environ 10% du volume global de l’import-export et amélioration continue de la balance des paiements ».

Bo Xilai en tribune

La croissance de la deuxième économie du monde devrait donc tomber en dessous de la barre des 8% cette année contre 9,2% en rythme annuel pour 2011. Les près de 3 000 délégués présents acquièsent en silence. Seules les pages du discours surlignées, annotées et tournées comme un seul homme par l’ensemble des délégués, viennent marquer la cadence.

Le Premier ministre évoque alors l’importance du maintien de la paix sociale, notamment dans les campagnes secouées par des révoltes agraires contre les expropriations abusives par des autorités locales, régulièrement accusées de corruption. Au balcon, les caméras en profitent pour zoomer, puis pianoter sur la tribune. A droite, à gauche les objectifs s’arrêtent sur chacun des présents.

Le plus recherché étant Bo Xilai, le secrétaire général du Parti communiste de Chongqing qui a fait parler de lui récemment. Son ancien bras droit aurait tenté de faire défection au consulat américain de Chengdu le mois dernier. « Bo Xilai est-il éliminé de la course aux places du comité central lors de la succession l’an prochain ? », s’interrogent les observateurs. Il est en tous cas bien présent, Bo Xilai, visage impassible en compagnie de tous ceux qui aimeraient faire partie de la nouvelle équipe dirigeante.

Panoramique le long des bouquets de fleurs : présents encore derrière les pupitres, le président chinois Hu Jintao, le conseiller d’Etat Wu Bangguo mais aussi le vice-président Xi Jinping et le vice-premier ministre Li Keqiang. Les deux hommes devraient probablement incarner le nouveau pouvoir chinois en 2013.

« Gagner des guerres locales »

Les années de transition en Chine son synonymes de stabilité. A six minutes de la fin de son intervention, Wen Jiabao met l’accent sur l’armée. D’abord, la théorie : « Pour que nos forces armées puissent accomplir des missions d’importance historique à cette étape du XXIe siècle, nous devrons renforcer leur esprit révolutionnaire, promouvoir leur modernisation et leur mise à niveau. »

Puis, le concret : « Nous devons élever leur capacité à diversifier leurs compétences, en nous concentrant sur la faculté de gagner des guerres locales où l’informatique joue un grand rôle. » Ces propos sortent de l’habituel discours de non-intervention et de non-ingérence prôné par la diplomatie chinoise. Mais déjà l’allocution se termine. Les délégués sortent du palais rattrapés par une meute de journalistes. Les grelots de l’habit traditionnel et le sourire d’une députée de Chongqing attirent les appareils photo.

Bo Xilai ? L’armée ? Cette dernière esquive les questions et s’empresse de rejoindre les cars stationnés à la sortie du palais. Sur la place Tiananmen, les membres de la police armée du peuple, engoncés dans leur grand pardessus verts, surveillent les allées et venues. A leurs pieds quelque chose qui n’étaient pas là l’année dernière : des extincteurs ! Les autorités craignent les manifestations et redoutent par-dessus tout les immolations pendant la tenue du congrès.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Cela fait près de deux ans que la Chine n’a pas connu une croissance à deux chiffres. Les objectifs fixés ce lundi marquent donc un nouveau recul. La hausse relative de la monnaie chinoise et surtout la crise chez les clients européens et américains a contribué au ralentissement des exportations. Le commerce extérieur devrait ainsi augmenter de plus de 10 % cette année, affirme le Premier ministre. C’est peu, comparé à la hausse de plus de 20 % enregistré l’an passé.

Mais ces facteurs conjoncturels sont aussi doublés d'une politique volontariste affichée par les autorités qui entendent changer de modèle et se tourner d’avantage vers la demande intérieure en développant le pouvoir d’achat. Cet objectif de croissance, ramené à 7,5 %, n’est donc pas en réalité une nouveauté.

Le 12e plan quinquennal prévoit une moyenne annuelle de 7 % entre 2011 et 2015, ce qui sera très probablement dépassé. Les autorités chinoises devraient en tout cas renouer avec un exercice d’équilibriste qu’a connu la Chine avant les Jeux Olympiques de 2008. D’un côté, comme le suggère la Banque mondiale, la Chine va s’employer à « encourager les capitaux privés ». De l’autre, il s’agira de préserver la paix sociale dans une Chine qui s’apprête à changer d’équipe dirigeante. « Plus de 9 millions d’emplois doivent être créés dans les agglomérations », estime le chef du gouvernement.

Une main de l’Etat qui viendra également limiter la hausse des prix de l’immobilier et surveiller la question des expropriations dans les campagnes. Un moyen souvent utilisé par les collectivités pour rembourser leurs dettes « Personne ne peut violer les droits des paysans », a répété Wen Jiabao sous les applaudissements des délégués, même si dans ce domaine, le mal est déjà largement fait. Selon une étude récente plus de 43 % des paysans chinois ont été spoliés de leurs terres agricoles depuis la fin des années quatre-vingt-dix.

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