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CHINE / COREE DU NORD

Le gouvernement chinois disposé à accorder 20 000 visas à des travailleurs nord-coréens

Texte par : RFI Suivre
3 mn

Est-ce un signe d’ouverture vis-à-vis du pays le plus fermé de la planète ? Selon le quotidien sud-coréen Choson Ilbo, Pékin serait prêt à accorder 20 000 visas de travail à des Nord-Coréens dans trois provinces chinoises à la frontière entre les deux pays. Cette décision viendrait combler la pénurie de main-d’œuvre dans le nord-est de la Chine, mais elle est loin de faire encore l’unanimité en Chine.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Les autorités chinoises se sont bien gardées de claironner la nouvelle. Pas de confirmation au téléphone du bureau de la propagande de Jillin, rien non plus du côté du Heilongjiang ou du Lianoning, les trois provinces concernées par cette décision.

Si ces 20 000 visas sont effectivement accordés, cela reviendrait à reconnaître tout d'abord la pénurie d’ouvriers dans le nord-est de la Chine, ensuite, et c’est peut-être là le plus important, le coût jugé trop élevé désormais de la main-d’œuvre chinoise, comme le soulignait récemment un responsable du « Comité de développement et des réformes » de la ville de Dandong cité par l’hebdomadaire Jingji Guancha Bao.

Pour lui, en effet, les ouvriers de la République populaire et démocratique de Corée juste en face « travaillent vite et bien » et pour un salaire mensuel compris entre 1 300 et 1 500 yuans, c'est-à-dire moins de 200 euros.

« Mais attention », explique le professeur Yang Xizu, « ce n’est pas de main-d’œuvre non qualifiée qu’a besoin le nord de la Chine mais de techniciens. Si des ouvriers arrivent massivement de Corée du Nord, poursuit ce chercheur à l’Institut des relations internationales à Pékin, nous risquons de renforcer le chômage dans ces régions et ce pourrait être un choc pour la Chine. »

Selon le Choson Ilbo, une entreprise de la ville chinoise de Tumen, à la frontière, aurait déjà embauché 29 ouvrières nord-coréennes depuis le début du mois. Cent soixante autres sont attendues par cette même société, alors que les journaux locaux regorgent d’annonces pour recruter les travailleurs venus du pays voisin.

Main-d’œuvre contre devises : le nouveau régime de Kim Jong-un à Pyongyang veut croire que les risques de défections, une fois la frontière passée, seront compensés par l’argent envoyé au pays par la diaspora.

Pour Pékin, c’est aussi un moyen de lutter contre l’arrivée des clandestins, déjà très nombreux dans cette petite Corée du nord-est de la Chine mais dont les autorités chinoises refusent pour l’instant de révéler les statistiques.

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