Philippines

L'Etat philippin promet de grands travaux pour parer aux inondations

Les habitants de Manille sont habitués aux caprices du ciel, et s'accomodent en utilisant des embarcations de fortunes.
Les habitants de Manille sont habitués aux caprices du ciel, et s'accomodent en utilisant des embarcations de fortunes. REUTERS/Romeo Ranoco

Alors que plus de deux millions de Philippins ont été directement affectés par les inondations meurtrières de ces derniers jours, le président Aquino s’est engagé à trouver des solutions définitives pour limiter les dégâts de ces catastrophes naturelles. Les associations, elles, pointent l'urbanisation aveugle de la capitale.

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De notre correspondant à Manille, Gabriel Kahn

En réponse aux pluies diluviennes qui inondent une grande partie de Manille, la capitale philippine, depuis le début de la semaine, le président Aquino s’est engagé jeudi 9 août à trouver des réponses « permanentes » pour éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise.

Il s’agit essentiellement de construire, dans les quatre années à venir, des digues, des stations de pompages, ainsi que des puisards en amont de certaines rivières. Cette initiative est attendue depuis longtemps dans cette mégapole de 20 millions d’habitants qui s’est construite dans l’anarchie la plus totale (lire encadré). De nombreux quartiers récents ont été bâtis sur des marécages. Certains terrains, offerts ces dernières années par les autorités de Manille aux résidents les plus pauvres, sont situés au bord de la baie et sont inondés, non seulement à chaque pluie, mais également à chaque grande marée. Les maisons y sont élevées sur des pilotis.

Habitués, les habitants de Manille savent faire face aux inondations. Les jerricans d’eau sont transformées en bouée. Les bassins et les mousses de flottaisons deviennent autant d’embarcations. Et les hamacs remplacent les lits.

La saturation des zones inondables

Les habitants de Manille sont habitués aux inondations. Mais l'ampleur de celles-ci est sans commune mesure. Plus de 80% de la capitale ont été recouverts par les eaux. En seulement 48h, c'est l'équivalent d'un mois de précipitations qui s'est abattu sur la ville. Pour Claire Warmenbol, porte-parole de l'Union internationale pour la conservation de la nature, l'urbanisation aveugle de la capitale est en partie responsable de la catastrophe : « Les zones urbaines ont été touchées. Souvent, ces zones où l'on a construit des infrastructures, sont situées dans des plaines inondables. Celles-ci doivent normalement permettre le flux des rivières de passer ou d'être absorbé. Aujourd'hui, beaucoup de plaines ne font plus office d'éponge pour absorber l'eau. »

Il s'agit non seulement d'absorber l'eau dans les plaines, mais aussi sur les hauteurs de Manille. Car pour les spécialistes, le problème est aggravé par la déforestation, autre conséquence de l'extension incontrôlable de la ville. En 2009, un rapport gouvernemental recommandait le déplacement d'un tiers des habitants de Manille vers des régions non-inondables.

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