Australie / Immigration

L’Australie annonce la réouverture de centres de rétention sur des îles du Pacifique

Des demandeurs d’asile à Surabaya, sur l’île de Java, le 29 juillet 2012. Venus d’Irak et d’Iran, leur bateau a chaviré pendant leur traversée vers l’Australie.
Des demandeurs d’asile à Surabaya, sur l’île de Java, le 29 juillet 2012. Venus d’Irak et d’Iran, leur bateau a chaviré pendant leur traversée vers l’Australie. REUTERS/Sigit Pamungkas

Les « boat people » ne sont pas les bienvenus en Australie : depuis le début de l'année, les autorités ont intercepté 100 bateaux transportant 5 000 demandeurs d’asile. Et lundi 13 août, le gouvernement a décidé de revenir au placement systématique des demandeurs d’asile dans des centres de rétention à l’étranger. Si l'opposition s'en félicite, les associations de défense des droits de l'homme, elles, s'insurgent.

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Avec notre correspondante à Melbourne,Caroline Lafargue

Interdire le regroupement familial pour les demandeurs d’asile arrivés par bateau, renvoyer les « boat-people » si leur sécurité n’est pas en danger et rouvrir deux centres de rétention, celui de Nauru, une île dans le Pacifique-ouest et celui de l’île de Manus, en Papouasie Nouvelle-Guinée : telles sont les principales dispositions qui devraient être adoptées par le Parlement au plus tard en fin de semaine, pour décourager les candidats à l'asile.

Le Premier ministre travailliste Julia Gillard reprend purement et simplement la « solution du Pacifique » appliquée par les conservateurs entre 2001 et 2007. L’opposition conservatrice applaudit donc des deux mains. Même si elle proposait de limiter à 12 mois la rétention des clandestins et que le plan du gouvernement ne prévoit, lui, aucune durée maximale pour le traitement de leurs demandes d'asile.

Le Centre des droits de l’homme prédit l’inefficacité du plan, car même le danger de mort n’arrête pas les demandeurs d’asile. 604 sont morts dans des naufrages depuis octobre 2009.
 

Le gouvernement australien pourra garder ces personnes sur ces îles le temps qu'il veut et les laisser en attente pendant des années, comme des otages (…). Vous savez, cette législation ne s'applique pas aux personnes qui arrivent par avion avec un visa de touriste ou d'étudiant puis demandent ensuite l'asile politique.

Graham Thom

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