Inde

Inde: exode d’une communauté sous la menace de violences religieuses

Les populations originaires du nord-est de l'Inde fuient Bangalore, le 16 août 2012.
Les populations originaires du nord-est de l'Inde fuient Bangalore, le 16 août 2012. REUTERS/Stringer
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Dans le sud de l'Inde, des milliers de personnes originaires des états excentrés du nord-est fuient depuis mercredi vers leurs régions natales. Une rumeur circule faisant état d'attaques imminentes à l'encontre de cette communauté, suite à de violents affrontements survenus dans l’Assam.

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Avec notre correspondant à New Delhi, Antoine Guinard

C’était le troisième jour d’exode, vendredi, pour la communauté originaire du nord-est de l’Inde installée dans le sud du pays. Près de 15 000 personnes auraient quitté la ville de Bangalore depuis mercredi à bord de train à destination de leur région d’origine, à l’autre extrémité du pays.

Les départs en masse ont également affecté la métropole voisine d’Hyderabad, se propageant ensuite aux villes de Chennai et Pune. Depuis plusieurs jours, des SMS menaçants circulent, faisant état d’attaques imminentes sur les personnes originaires du nord-est de l’Inde.

Selon ces messages, elles seraient ciblées en représailles aux violences qui ont repris de plus belle cette semaine en Assam, entre la minorité musulmane et la population tribale locale.

Blocage des SMS collectifs

Aucune attaque n’a pour l’heure été signalée mais la rumeur a fait son effet au sein de la communauté originaire du nord-est. Le premier ministre indien Manmohan Singh est intervenu vendredi, affirmant que la paix et le calme devaient être maintenus à tout prix.

L’envoi de SMS collectifs a par ailleurs été bloqué en Inde pour les deux prochaines semaines. Le ministre indien de l’Intérieur est même allé jusqu’à recommander la fermeture de sites de réseaux sociaux comme Twitter et Facebook.

Le mois dernier, l’état de l’Assam, dans le nord-est de l’Inde, avait été le théâtre d’affrontements sanglants entre la population locale et les migrants musulmans venus du Bangladesh voisin. Plus de 70 personnes avaient été tuées et des centaines de milliers d’autres déplacées.

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