Thaïlande

Thaïlande: nouvel attentat meurtrier dans le sud à majorité musulmane

La police  inspecte la carcasse du véhicule piégé, Pattani, le 21 septembre 2012.
La police inspecte la carcasse du véhicule piégé, Pattani, le 21 septembre 2012. REUTERS/Surapan Boonthanom
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Le sud à majorité musulmane de la Thaïlande a connu un nouvel attentat à la voiture piégée vendredi 21 septembre 2012. Un bilan provisoire fait état de six morts et de quarante et un blessés dont 19 graves. L’explosion a eu lieu à l’intérieur d’un marché bondé près de la ville de Pattani. Le sud thaïlandais est en proie, depuis 2004, à une insurrection séparatiste qui a causé la mort d’environ 5.300 personnes. Cette explosion a lieu alors que des négociations se tiennent entre l’armée thaïlandaise et certains membres de la rébellion.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Ce nouvel attentat intervient dix jours après la reddition d’une centaine de militants séparatistes aux militaires. Cette reddition a eu lieu après de longs mois de pourparlers entre l’armée et ces rebelles. Mais elle se fait sur des bases purement pragmatiques : les militants déposent les armes et obtiennent une certaine forme de pardon pour les crimes qu’ils ont commis. Non seulement, les pourparlers ne portent aucunement sur les questions politiques de fond, comme celle de l’autonomie pour les trois provinces du Sud, mais nul ne sait quel rôle jouaient ces militants dans le mouvement armé.

Un avertissement des radicaux de la rébellion

L’attentat peut ainsi être vu comme une réponse cinglante à cette cérémonie de reddition présentée par les militaires comme un grand succès. Il signifie que le cœur du mouvement rebelle reste aussi actif que par le passé et résonne comme un avertissement aux traîtres potentiels.

La rébellion séparatiste n’est pas un mouvement structuré avec un leadership clairement identifié, mais plutôt une nébuleuse de petites cellules, parfois composées d’une dizaine de rebelles. Il est donc particulièrement difficile au gouvernement ou aux militaires d’y mettre un terme, car, tout simplement, négocier avec une seule faction n’a que peu d’impact sur les activités des autres factions.

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