Accéder au contenu principal
Chine

Chine : Bo Xilai exclu du Parti communiste

Bo Xilai, le dirigeant en disgrâce, a été exclu du Parti communiste chinois.
Bo Xilai, le dirigeant en disgrâce, a été exclu du Parti communiste chinois. Reuters
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L’agence officielle aura attendu la veille d’un long pont férié autour de la fête nationale chinoise pour annoncer la nouvelle : Bo Xilai a été exclu, ce vendredi 28 septembre, des instances dirigeantes du Parti communiste chinois. Tombé en disgrâce au printemps dernier, l’ancien haut dirigeant communiste était tenu au secret depuis près de six mois. Cette annonce précède la tenue du 18ème Congrès où doivent être renouvelées les équipes dirigeantes. Un Congrès qui se tiendra le 8 novembre, a-t-on également appris aujourd'hui. 

Publicité

De notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Bo Xilai fait à nouveau la Une du journal de CCTV ce vendredi soir, mais cette fois pour son exclusion du parti. Gros caractères bleus sur fond blanc, le commentateur de la télévision centrale de Chine se contente de lire la longue dépêche de l’agence officielle.

Corruption, abus de pouvoir et maîtresses

Bo Xilai est accusé de corruption. L’ancien dirigeant communiste a reçu des « pots de vins très importants », dit Chine nouvelle, « directement » ou « au travers de sa famille ». A ce titre, il devra répondre de ses « crimes » devant la justice. Il est également accusé d’avoir abusé de ses fonctions de secrétaire général du parti de la mégalopole de Chongqing, dans le sud-ouest du pays, pour ses propres intérêts et notamment dans le cadre de l’affaire du meurtre de l’homme d’affaires britannique Neil Heywood commis par son épouse Gu Kailai.

Enfin, plus surprenant de la part de l’agence officielle, Bo Xilai aurait entretenu des liaisons « inappropriées » avec plusieurs maîtresses. Traduisez : l’ex-secrétaire du PC de Chongqing nuit à l’image du parti.

Ce n’est pas la première fois qu’un haut responsable du parti risque ainsi de se retrouver devant les juges. En 2008, Chen Liangyu a été condamné à 18 ans de prison pour corruption après avoir été expulsé du parti deux ans plus tôt. L’ancien secrétaire du PC de Shanghai avait alors été remplacé par l’actuel vice-président chinois Xi Jinping et, sauf coup de théâtre, futur numéro un du pays. Ce dernier devant accéder à l’occasion du 18ème Congrès au poste de secrétaire général du PCC après dix ans de pouvoir de l’actuel chef de l’Etat Hu Jintao.

Congrès le 8 novembre

Le procès de l’ancien maire de la mégalopole, Bo Xilai, et la date du 18ème Congrès fixée au 8 novembre prochain sont donc deux nouvelles qui vont de pair. Leur annonce simultanée traduit l’obtention d’un consensus à l’arraché au sein des membres du Politburo du comité central du parti. Bo Xilai était en effet promis à de très hautes fonctions au sein de la nouvelle équipe dirigeante et a probablement continué à bénéficier de puissants soutiens après sa chute.

Mais le retard du Congrès qui se tient habituellement en octobre indique aussi que tout n’est peut-être pas encore lissé dans la haute hiérarchie du pouvoir. Xi Jinping, peut-être encore plus que ses prédécesseurs, a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille numéro un. Il doit aussi et surtout convaincre qu’il sera capable de relancer un système mis en place il y a six décennies par Mao.

« Sans enquête, il n’y a que des héros, avec, il n’y a plus que des criminels », affirme Qin Shuo sur son compte Weibo, le Twitter chinois.« Mener ou ne pas mener l’enquête, telle est la question », conclut le rédacteur en chef du magasine China Business News. Autrement dit, le parti ne pourra pas se régénérer en faisant tomber une seule tête.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.