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Bangladesh / islam

Bangladesh : déchaînement de violence contre la communauté bouddhiste dans le sud du pays

Il ne reste que la statue de Bouddha dans ce temple incendié à Ramu.
Il ne reste que la statue de Bouddha dans ce temple incendié à Ramu. AFP PHOTO
Texte par : Christophe Carmarans
3 mn

Arguant qu’un jeune bouddhiste avait publié une photo insultante pour le Coran sur sa page Facebook, des dizaines de milliers de Bangladais de confession musulmane se sont déchaînés contre cette minorité dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 septembre. Des villages ont été attaqués, des temples détruits et des maisons brûlées dans le sud du pays.

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C’est de très loin la plus grave attaque subie par la communauté bouddhiste au Bangladesh depuis la création de cet Etat en 1971 : des temples et des maisons mis à sac ou brûlés dans la nuit de samedi à dimanche par une foule de plusieurs milliers de personnes dans la ville de Ramu et ses alentours, au sud du pays, près de la frontière birmane.

Victimes du contexte

L’élément déclencheur de cette furie destructrice est une photo insultant le Coran qui aurait été publiée sur Facebook par un jeune bouddhiste habitant la région. Cette vague de violence s’inscrit dans un contexte particulier, celui du film islamophobe à petit budget L’Innocence des Musulmans tourné aux Etats-Unis par un américain d’origine égyptienne et après les caricatures de Mahomet publiées dans le journal satirique français Charlie Hebdo.

Des dizaines de milliers de manifestants avaient protesté à Dacca vendredi et samedi mais pas contre les bouddhistes.
Des dizaines de milliers de manifestants avaient protesté à Dacca vendredi et samedi mais pas contre les bouddhistes. REUTERS/Andrew Biraj

Comme dans d’autres pays musulmans, les manifestations de protestation contre ces deux « œuvres » blasphématoires se sont multipliées depuis deux semaines au Bangladesh, pays de 153 millions d’habitants où 90% de la population a pour religion l’islam. Mais ces récriminations n’avaient pas été jusqu’à présent dirigées contre la communauté bouddhiste qui ne représente que 1% de la population bangladaise.

La situation a été jugée suffisamment grave dimanche par les autorités pour qu’elles interdisent tout rassemblement public afin de prévenir de nouveaux incidents ayant pour cible les bouddhistes. Après les violences survenues à Ramu, des actes de vandalismes ont en effet été perpétrés à Patia, près de la ville portuaire de Chittapong, où réside également une communauté bouddhiste.

Appel au calme

« Il s’agit d’actes de violence communautaires prémédités et délibérés contre une minorité », a déclaré dimanche le ministre bangladais de l’Intérieur Mohiuddin Khan Alamgir avant de promettre que les monastères et temples détruits seraient reconstruits et que les victimes dont les maisons ont été vandalisées percevraient des dédommagements.

Au dernier bilan provisoire 14 temples auraient été saccagés ou détruits, 15 villages attaqués et plus de 100 maisons vandalisées par les émeutiers. L’auteur présumé de la publication sur Facebook a pour sa part été conduit dans un endroit tenu secret. Avant d’être mis à l’abri, il avait eu le temps de clamer son innocence auprès de la presse locale arguant que son compte Facebook avait tout simplement été détourné.

                                                                                                                                      (avec AFP)

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