Cambodge

Cambodge : la justice clôt le dossier Chhut Vuthy

Chhut Vuthy, militant anti-déforestation, très connu au Cambodge, a été tué en avril dernier.
Chhut Vuthy, militant anti-déforestation, très connu au Cambodge, a été tué en avril dernier. RFI/Leang Delux

Au Cambodge, la justice a décidé, jeudi 4 octobre, la clôture du dossier Chhut Vuthy. Ce militant anti-déforestation, très connu dans le pays, a été tué en avril dernier dans une province reculée où sévissent des trafiquants de bois précieux. Les circonstances de sa mort restent confuses. Mais les défenseurs des droits humains pensent que les autorités veulent étouffer l'affaire.

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Jeudi, devant la Cour de Koh Kong, dans le sud-ouest du Cambodge, le procureur adjoint s'est justifié. Pour lui, le policier militaire, meurtrier du défenseur de l'environnement, ayant été tué immédiatement après par un garde de sécurité, l'affaire Chhut Vuthy n'a plus de raison d'être. Seul le procès du garde sécurité va donc se poursuivre.

Inacceptable, selon Ou Virak, du Centre cambodgien pour les droits de l'homme. « Je crois qu'il y a de bonnes raisons de penser qu'il y a autre chose derrière cette affaire. Il y a une personne qui a donné l'ordre de stopper Chhut Vuthy et de confisquer son appareil photo. Il faut qu'on sache si cette personne a commandité son assassinat, affirme-t-il. Ensuite, sur les circonstances et sur la zone où Chut Vutty a été tué, il y a beaucoup de soupçons sur toutes sortes d'activités illégales dans cette région. Et cela mérite une enquête appropriée ».

La méfiance des proches de Chhut Vuthy et des défenseurs des droits humains est d'autant plus forte que, depuis avril dernier, le gouvernement a donné plusieurs versions, parfois farfelues de sa mort. L'une d'entre elles était que le meurtrier de Chhut Vuthy se serait suicidé après son méfait.

En outre, les ONG ne cessent de dénoncer des liens incestueux entre le pouvoir et ceux qui pillent les forêts cambodgiennes. « Nous pensons que le gouvernement n'a pas fait ce qu'il faut pour faire la lumière sur ce meurtre et qu'il essaie d'enterrer le procès avant même qu'il commence », poursuit Ou Virak.

Cette décision augure mal des suites qui pourraient être données à un autre meurtre, celui du journaliste Hong Serei Houdon, retrouvé mort le 11 septembre dernier dans la province de Ratanakirit, frontalière du Vietnam. Lui aussi dénonçait, à travers ses articles, le trafic de bois qui décime les forêts cambodgiennes et les complicités au sein de l'armée et de l'Etat. Lui aussi a été tué par un militaire.

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