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Chine

Chine: emprisonné pour un tweet, un internaute porte plainte

Le slogan «Un bulletin pour tous pour changer la Chine» paru dans le tweet de Ren Jianyu.
Le slogan «Un bulletin pour tous pour changer la Chine» paru dans le tweet de Ren Jianyu. DR
Texte par : RFI Suivre
3 mn

C’est un procès peu ordinaire qui s’est ouvert, ce mercredi 10 octobre, dans le sud-ouest de la Chine. Devant les juges d’un tribunal de la mégalopole de Chongqing, un détenu a pu contester son placement en camp de travail. C’était en août 2011, ce dernier avait alors été accusé d’avoir tweeté ou retweeté des messages « vantant le modèle occidental » et « incitant les internautes à la subversion ». Les travaux forcés pour un tweet, un cas qui est loin d’être isolé.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Des bulletins bleus et rouges brandis par une forêt de mains tendues et un slogan « Un bulletin pour tous pour changer la Chine ». Voilà le tweet qui a conduit Ren Jianyu au camp de travail du district de Fuling à Chongqing. « Le 17 août 2011, les policiers sont venus dans son bureau, ils ont confisqué des documents ainsi que son ordinateur, puis ils l’ont arrêté, le jour même il était condamné », nous a confié sa petite amie au téléphone.

Ex-employé du planning familial de Yushan dans le comté de Pengshui de la mégalopole de Chongqing, Ren Jianyu a 25 ans. Il a déjà passé plus d’un an dans un laojiao, un camp de rééducation par le travail où se retrouvent les voleurs, les bagarreurs, les pétitionnaires, les drogués et des internautes. Car Ren Jianyu n’est pas un cas isolé. « Ce genre d’affaires existe malheureusement partout en Chine, la nouveauté c’est qu’on en parle, explique l’avocat Li Heping. La police a trouvé un moyen de gagner de l’argent avec les détenus. Ils fabriquent de tout : des guirlandes de noël, des poignées pour les cartons de lait et des ballons de basket sans être rémunérés ».

Les juges du tribunal numéro 3 de Chongqing ont estimé que Ren Jianyu n’avait pas respecté le délai de trois mois pour contester son incarcération. Le jugement a été mis en délibéré, sachant que dans ce genre de cas les plaintes sont rarement acceptées, les autorités préférant indemniser les plaignants contre leur silence. « Pendant plusieurs années, Chongqing a vécu sous un régime spécial, affirme maître Pu Zhiqiang qui était ce mercredi à Chongqing pour le procès. Bo Xilai (l'ex-secrétaire général du parti communiste de Chongqing, aujourd’hui exclu du parti, ndlr) a voulu mettre en place une nouvelle révolution culturelle dans la ville. Ren Jianyu est l’exemple même de cet arbitraire puisqu’il a été arrêté et condamné dans la même journée. »

Depuis le 29 juin dernier, deux détenus des camps de travail de Chongqing ont vu leur peine annulée et réclament des indemnités. En 2010, les camps de travail chinois comptaient 310 000 détenus, selon le journal Caijing.

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