Taïwan / Chine

Chine : Le géant taïwanais Foxconn reconnaît avoir employé des mineurs de moins de 16 ans

Le groupe taïwanais Foxconn est l'un des grands sous-traitants d'Apple, Nokia et Sony.
Le groupe taïwanais Foxconn est l'un des grands sous-traitants d'Apple, Nokia et Sony. Reuters

Le sous-traitant d’Apple en Chine est de nouveau accusé de bafouer le droit du travail. Suite à une enquête interne, Foxconn a reconnu, ce mercredi 17 octobre, avoir employé des mineurs âgés de moins de 16 ans dans ses usines. Et cette fois ce n’est pas seulement le géant taïwanais de l’électronique qui est épinglé, mais aussi les écoles d’où viennent les stagiaires.

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Avec notre correspondant à Pékin,Stéphane Lagarde

Le géant taïwanais de l’électronique ne précise pas le nombre des personnels concernés par cette nouvelle infraction au droit du travail, mais confirme avoir employé dans son usine de Yantai, dans l'est du pays, des « stagiaires dont l’âge varie entre 14 et 16 ans », alors que l’âge minimum légal pour un premier emploi en Chine est fixé à 16 ans.

Les lycées professionnels pointés du doigt

Selon l’organisation China Labor Watch basée à Hong-Kong, Foxconn n’est d’ailleurs pas le seul coupable dans cette affaire. Les complices, ce sont les lycées professionnels installés autour de l’usine d’où venaient les mineurs. Un chargé de la communication du lycée professionnel Yantai Engineering & Technology a ainsi reconnu mardi avoir envoyé plus de 2 000 étudiants à un programme de stage dans la filiale de Foxconn un mois plus tôt. La direction du groupe a été contrainte de déclencher une enquête interne suite à la plainte déposée par des étudiants en août dernier. Ces derniers avaient alors déclaré être forcés par leur école à travailler sur les chaînes de montage de Foxconn Yantai.

Pénurie de main d’œuvre

Comme lors des enquêtes sur les heures supplémentaires, ces nouvelles révélations prouvent paradoxalement la bonne santé économique du groupe. Le fabricant de l’iPad et de l’iPhone est en pleine expansion. Il a aujourd’hui bien du mal, malgré la crise, à trouver des ouvriers en nombre suffisant et c’est donc par des stages de trois à six mois supervisés par des professeurs que le groupe compense cette pénurie de main d’œuvre. « Les stagiaires font des heures supplémentaires. Ils travaillent parfois la nuit de 20 heures à 5 heures du matin, pendant un mois sans un seul jour de repos », affirmait ce mercredi matin la radio centrale du peuple.

Embarras des autorités locales

Des accusations qui pourraient finir par embarrasser les autorités locales. Selon les directeurs de lycée incriminés en effet, ces programmes de stage ne faisaient que répondre à un appel d’offres de la ville dédié justement à compenser la pénurie de main d’œuvre. « Nous savons que les stages sont d'une importance capitale pour les écoles professionnelles comme nous, cependant nous n'avons pas nous-même abordé Foxconn pour de tels stages, nous avons simplement suivi un ordre du gouvernement de Yantai », a indiqué l’un des ces responsables au South China Morning Post.

Foxconn est l’un des plus gros employeurs de Chine, avec 1,2 millions d’employés dont 100 000 dans sa filiale de Yantai.

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