Chine

Chine: la gauche du PCC soutien Bo Xilai menacé d’exclusion du Parlement

Bo Xilai, lors de l'enterrement de son père, ancien vice-président du comité central du Parti communiste chinois, le 17 décembre 2007 à Pékin.
Bo Xilai, lors de l'enterrement de son père, ancien vice-président du comité central du Parti communiste chinois, le 17 décembre 2007 à Pékin. REUTERS/Stringer

En Chine, une lettre ouverte de soutien au dirigeant déchu Bo Xilai a rassemblé plus de 700 signatures ce lundi 22 octobre. Le texte publié sur un site néo-maoïste affirme que les accusations de corruption et d’abus de pouvoir qui visent l’ancien patron de la mégalopole de Chongqing répondent à des motivations politiques. Les signataires, qui pour la plupart appartiennent à l’aile gauche du Parti communise chinois, demandent à ce que le statut de représentant du peuple de l’ancien dirigeant soit maintenu.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

C’est la lettre de la dernière chance pour Xilai et elle à toutes les chances de rester lettre morte. Mardi 23 octobre et pendant quatre jours, aura lieu la onzième réunion du Comité permanent des représentants du peuple.

Une assemblée où se décide du maintien, ou non, du statut de parlementaire des plus de 2 000 délégués qui assisteront au 18e Congrès le 8 novembre prochain.

Porte ouverte pour le procès

Ce statut équivaut à une immunité. Pour Bo Xilai, elle a déjà été levée localement le 28 septembre dernier par le comité des représentants du peuple de Chongqing. Il devrait donc en être de même cette semaine au niveau national.

Si cela est confirmé, l’ancien secrétaire général du Parti de Chongqing dont l’épouse a déjà été condamnée à la peine de mort avec sursis pour meurtre, pourrait à son tour comparaître devant les juges. Bo Xilai avait déjà été exclu des instances dirigeantes du PCC après avoir été accusé de corruption passive et d’abus de pouvoir.

Ces accusations sont « politiques », estiment aujourd’hui les 740 signataires de cette lettre ouverte. Parmi eux, de nombreux représentants de l’aile gauche du parti, dont Li Chengrui, le secrétaire particulier de l’ancien président chinois Li Xiannian, ou encore, le professeur de droit et polémiste d’extrême gauche Kong Qingtong.

« Chine rouge »

Ces néo-maoïstes se font ici démocrates. Ils évoquent « l’Etat de droit » et demandent à ce que le Parlement chinois ne soit pas « une simple chambre d’enregistrement » des « attaques de factions sur les personnes »

Ils rappellent que depuis son éviction en mars dernier, Bo Xilai n'a pas été vu en public et n'a pas pu se défendre des accusations contre lui et sa famille. Leur appel adressé au comité permanent du Parlement a toutefois peu de chance d’être entendu.

La lettre a été publiée sur le site d’extrême gauche Chine rouge censuré en Chine continentale. Ces cinq dernières années, huit officiels communistes, dont Chen Liangyu, l’ancien maire de Shanghai, et plus récemment Wang Lijun, l’ancien bras droit de Bo Xilai, ont également perdu leur immunité parlementaire.

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