Afghanistan

Afghanistan : attentat-suicide meurtrier dans une mosquée bondée

Des policiers afghans transportent un blessé après l’attentat-suicide dans la mosquée Eid Gah. Maymana, le 26 octobre.
Des policiers afghans transportent un blessé après l’attentat-suicide dans la mosquée Eid Gah. Maymana, le 26 octobre. REUTERS/Stringer

C'est à l'intérieur même d'une mosquée du nord de l'Afghanistan qu'un attentat a été perpétré ce vendredi matin 26 octobre lors du premier des quatre jours de la fête musulmane du Sacrifice, l'Aïd al-Adha. Bilan : au moins 42 morts et parmi les victimes, de nombreux policiers de la ville de Maymana, capitale de la province de Faryab.

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Avec notre correspondant à Kaboul, Sylvain Lepetit

L’attentat s’est produit à la fin de la prière lorsque les fidèles rassemblés pour l’Aïd al-Adha* se saluaient. Selon les témoins, l’explosion a été extrêmement violente, plus d’une quarantaine de personnes dont de nombreux policiers.

L’homme qui s’est fait exploser portait un uniforme de la police, ce qui lui a permis de passer les différents cordons de sécurité. La cible de l’attentat pourrait être le chef de la police et le gouverneur de cette province du nord-ouest du pays, présents dans la mosquée mais qui n’ont pas été blessés.

Pour l’instant, cette attaque la plus meurtrière de ces dernières semaines, n’a pas été revendiquée mais tout semble indiquer le mouvement taliban – le mode opératoire, un attentat-suicide et la signature des attaques talibanes.

Selon des policiers, ça pourrait être un règlement de compte entre insurgés et force de sécurité. La région de Maymana où s’est produit l’attaque a connu de nombreux assassinats ces derniers jours, notamment d’un ancien commandant taliban et de son fils.

Cette attaque montre que la violence gagne un peu plus chaque jour l’ensemble de l’Afghanistan. Cette région proche de la frontière avec le Turkménistan était considérée comme paisible. Les talibans en avaient été chassés lors de l’invasion américaine en 2001. Ce nouvel attentat indique qu’ils sont de retour dans la région.


* La fête musulmane commémorant la fin du grand pèlerinage a différentes appellations selon les régions. Dans les pays arabes, la fête est l’aïd al-Adha, soit la fête du Sacrifice. Au Maghreb comme au Proche-Orient, elle est également appelée aïd al-Kébir, la grande fête, par opposition à l’aïd al-Sarir, la petite fête (appelée aussi aïd al-Fitr). En Afrique de l’Ouest, c’est le mot Tabaski, voire Fête du mouton, qui l’emporte ; tandis qu’en Russie elle est appelée Bourban Baïran. Quel que soit son nom, c’est la fête la plus importante du calendrier musulman.

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