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Afghanistan

En Afghanistan, les talibans pourront se présenter à la présidentielle de 2014

Des ex-combattants talibans déposent les armes après leur ralliement à l'armée afghane, à Herat, le 22 octobre 2012.
Des ex-combattants talibans déposent les armes après leur ralliement à l'armée afghane, à Herat, le 22 octobre 2012. AFP PHOTO/ Arif Karimi

L’annonce en a été faite ce 31 octobre 2012, les insurgés talibans de même que les groupes islamistes armés pourront présenter des candidats à la prochaine présidentielle. C’est le chef de la commission électorale afghane qui l’a suggéré après avoir fixé la date du scrutin au 5 avril 2014.

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L’Afghanistan se projette déjà dans l’après-Karzaï. Le 22 mai 2014, le président Hamid Karzaï achèvera son deuxième mandat et, selon les termes de la Constitution, il ne pourra pas se représenter. Sauf manoeuvre en dernière ligne droite, l'actuel chef de l'Etat dont la première élection à la tête de l'Afghanistan remonte à 2004, devra donc passer la main le 5 avril 2014, date fixée pour la prochaine présidentielle. 

Au risque des talibans

En annonçant ce mercredi 31 octobre être disposé à autoriser la candidature d’insurgés lors de cette élection décisive pour le pays, Fazel Ahmad Manawi, chef de la commission électorale, a donné corps d’entrée de jeu à un des nombreux défis que l’Afghanistan doit relever d’ici 2014. Loin de reculer, les insurgés afghans multiplient les attaques notamment dans le sud et dans l’est du pays, ne laissant aucun répit aux forces de sécurité afghanes et à la coalition de l’Otan menée par les Etats-Unis et forte de 100 000 soldats.   

Une fois accompli le retrait de la coalition prévu fin 2014, la protection du territoire sera entièrement laissée aux seules forces de sécurité afghane. Face à la rébellion des talibans, il y a bien peu de chances que ces dernières parviennent à empêcher le retour au pouvoir des insurgés qui en avaient été chassés en 2001 par les troupes occidentales.

Ce scénario est de plus en plus souvent évoqué par les analystes qui évoquent notamment un risque accru en cas de corruption lors du prochain scrutin d’avril 2014. L’International crisis group (ICG) va dans le même sens via un récent rapport dans lequel il estime que la police comme l’armée afghanes seront « dépassées et insuffisamment préparées pour la transition » après la fin de la mission de l’Otan en 2014. Une analyse qualifiée de « tissu d’âneries » par la présidence qui assure que ses forces de sécurité seront en mesure de protéger le territoire du pays.

La leçon de 2009

Chacun garde présent à l’esprit la façon dont s’est déroulée la dernière élection du président Karzaï en 2009, largement entachée par des allégations de fraude, malgré la surveillance internationale, et par une faible participation. Les électeurs ne s’étaient pas précipités dans les bureaux de vote et pour cause. Plusieurs lieux de vote avaient en effet été attaqués par les talibans qui évidemment s’étaient abstenus de participer à cette présidentielle.

Hamid Karzaï et sa famille exercent une véritable emprise sur l’Afghanistan depuis dix ans. Si la Constitution empêche le président de se représenter, il ne semble pas vouloir renoncer à toute influence pour autant. C’est ainsi en tout cas qu’on pourrait interpréter l’interdiction opposée par Karzaï à la Commission électorale d’appel (ECC) d’employer des observateurs étrangers. Pour Human Rights Watch en Afghanistan, cette démarche est perçue comme « une volonté d’influencer le scrutin en nuisant à la seule institution qui a vraiment lutté contre la fraude lors des derniers scrutins ».

Dans la perspective des futures élections, outre les talibans, l’autre mouvement important de l’insurrection afghane, Hezb-e-Islami a aussi été mentionné comme pouvant participer au scrutin soit comme candidat ou comme électeur. Ayant déjà fait connaître son intérêt pour des pourparlers de paix avec le gouvernement de Karzaï, Hezb-e-Islami et son chef Gulbuddin Hekmatyar entretiennent des liens pas toujours très clairs avec les talibans. « Nous sommes prêts à ouvrir la voie aux groupes armés de l’opposition, a déclaré Fazel Ahmad Manawi de la commission électorale et « il n’y aura aucune discrimination », a-t-il encore précisé.  

Les candidatures seront examinées par la commission électorale du 16 septembre au 6 octobre 2013. Une liste préliminaire sera publiée dès le 19 octobre, moins d’un mois avant la liste définitive, le 16 novembre. Les autorités afghanes montrent ainsi leur volonté de mettre en œuvre leurs engagements pris à la conférence de Tokyo, en juillet dernier. Lors de cette réunion, les représentants de plus de 80 pays soutenant l’Afghanistan, avaient promis une aide de 16 milliards de dollars d’ici à 2015 à la condition notamment qu’une élection présidentielle crédible se tienne en 2014.

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