France / Afghanistan

Afghanistan: gouvernement, opposition et talibans se réunissent près de Paris

Les talibans doivent aussi participer à la réunion à Chantilly.
Les talibans doivent aussi participer à la réunion à Chantilly. DR

Les différents groupes qui composent l'Afghanistan sont réunis à Chantilly, non loin de Paris, pendant deux jours à partir de ce mercredi 19 décembre. Des représentants du gouvernement et de l'opposition doivent discuter pour tenter de trouver une solution au conflit armé qui sévit depuis dix ans maintenant. Pour la première fois, les talibans sont attendus pour mettre en place les bases d'une future négociation.

Publicité

Avec notre correspondant à Kaboul, Nicolas Ropert

C'est la troisième réunion de ce genre en moins d'un an et demi, mais c'est la première fois que la Fondation pour la recherche stratégique, un groupe de réflexion basé à Paris, a réussi à amener des représentants des talibans à la table des discussions.

Cette fois-ci, il y aura une délégation officielle de talibans. C'est un pas en avant, ça montre un certain réalisme politique.

Homayoune Assefi, dirigeant d'un des groupes d'opposition

« Le niveau des représentants envoyés par les talibans montre qu'ils prennent au sérieux ces discussions. Ils ont envoyé leur ancien ambassadeur en Arabie Saoudite, cela prouve que ces rencontres sont très importantes pour eux. Ils estiment que c'est une bonne opportunité pour eux d'expliquer leur vision du futur de l'Afghanistan », juge Waheed Mujda, un analyste afghan proche des talibans.

Tout le monde refuse de parler de négociations. Il s'agit plutôt d'un premier dialogue pour éviter une guerre civile après le départ des troupes étrangères en 2014. « Justement, il faut persuader les talibans qu'une solution militaire ne serait pas possible et que ce n'est pas dans l'intérêt du peuple afghan que cette guerre fratricide continue. Il faut essayer de trouver une solution. Et le fait qu'ils participent à cette réunion, qu'ils discutent, est un pas en avant », pense Homayoune Assefi, un dirigeant d'un des groupes d'opposition.

Les talibans semblent en tout cas en position de force. En mars dernier, ils avaient claqué la porte de premiers pourparlers entamés avec les Etats-Unis à Doha, au Qatar.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail