Cambodge

Cambodge : les accusés du meurtre du leader syndical Chea Vichea renvoyés en prison

Les deux hommes, souvent considérés comme des boucs émissaires, à la cour d'appel de Phnom Penh le 27 décembre 2012.
Les deux hommes, souvent considérés comme des boucs émissaires, à la cour d'appel de Phnom Penh le 27 décembre 2012. REUTERS/Samrang Pring

Au Cambodge, une décision prise par la cour d'appel ce jeudi 27 décembre ajoute un énième rebondissement, autant inattendu que décrié, à un feuilleton judiciaire hautement médiatisé. Deux hommes, souvent considérés comme des boucs émissaires, avaient été condamnés à 20 ans de prison pour le meurtre, en 2004, du charismatique leader syndical Chea Vichea. Si la Cour suprême les avait remis en liberté provisoire fin 2008, la cour d'appel les renvoie derrière les barreaux.

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Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gee

De preuves à charge, de nouveaux éléments dans l'enquête, il n'y en a point, martèlent les avocats de la défense. Qu'importe : la cour d'appel a réactivé la peine de 20 ans de détention prononcée en première instance, devant une salle d'audience abasourdie et des accusés qui ont, de nouveau, hurlé leur innocence et crié à l'injustice.

L'ancien roi Norodom Sihanouk, décédé en octobre, avait en 2005 écrit sur son blog qu'il ne croyait pas que ces deux hommes étaient « les vrais assassins de Chea Vichea », élevé depuis au rang de « héros des ouvriers ». Une opinion défendue par la famille même de la victime, par son syndicat et par la société civile qui fustige une procédure judiciaire émaillée de vices de forme et qui désespère de voir les vrais coupables arrêtés.

Pour les principaux syndicats et organisations de défense des droits de l'homme, cette décision « défie le sens de la justice ». Dans un communiqué, ils écrivent que ce « verdict s'ajoute aux nombreuses tragédies qui se sont produites en 2012 et en font l'année la plus terrible en matière des droits de l'homme depuis une décennie ». Et ils appellent la Cour suprême à mettre fin à ce qu'ils qualifient de « grossière farce ».

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