COREE DU NORD

La Corée du Nord annonce le redémarrage d'un réacteur nucléaire

Un site nucléaire de Yongbyon avant la démolition d'une tour de refroidissement, le 27 juin 2008.
Un site nucléaire de Yongbyon avant la démolition d'une tour de refroidissement, le 27 juin 2008. REUTERS/Kyodo
Texte par : RFI Suivre
6 mn

La Corée du Nord a franchi une nouvelle étape dans ses provocations avec l'annonce, ce mardi 2 avril 2013, du redémarrage d'un réacteur nucléaire en veille depuis 2007 sur le site de Yongbyon. Une annonce conforme aux déclarations de ce week-end, puisque Pyongyang avait fait part le 31 mars de son intention de développer ses capacités nucléaires. Le secrétaire général des Nations unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, estime aujourd'hui que la crise est « déjà allée trop loin ».

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Qu'abrite exactement ce site de Yongbyon ? Situé à une centaine de kilomètres au nord de la capitale, celui-ci concentre la majorité des équipements nucléaires nord-coréens.

Il dispose d’installations d’enrichissement d’uranium, de retraitement du plutonium et surtout d’un réacteur de cinq mégawatts construit au début des années 80. C’est là qu’a été produit le combustible utilisé pour les deux premiers essais nucléaires nord-coréens de 2006 et 2009.

Il y a six ans, la Corée du Nord avait accepté de fermer ce réacteur en échange d’une aide internationale sous forme de nourriture et de pétrole. La tour de refroidissement du site avait même été détruite un an plus tard.

L'activité avait repris partiellement en 2009

Mais cet accord, conclu dans le cadre des négociations à six (incluant les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), a rapidement tourné court, Pyongyang refusant le contrôle de l’Agence internationale pour l'énergie atomique

Résultat, dès fin 2009, l'activité avait partiellement repris avec la réactivation des 8 000 barres de combustible. Depuis, après un nouvel échec des négociations, le ton ne fait que monter.

L’annonce de la rénovation du site de Yongbyon laisse craindre aux observateurs internationaux qu'un pas décisif soit franchi dans les capacités nucléaires du pays.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Ce n’est plus le chaud-froid que souffle Pyongyang, comme ont l’habitude de le dire les analystes. Aujourd’hui la soupe n’a même plus le temps de refroidir. Dans un même discours, la Corée du Nord promet en effet des réformes économiques et annonce le « réaménagement » et le « redémarrage » de toutes ses installations nucléaires.

Pour répondre aux pénuries d’électricité dit l’agence officielle, mais aussi, et elle ne s’en cache plus, pour développer sa technologie nucléaire, pourtant interdite par les résolutions de l’ONU. Ce qui entraine une surenchère verbale de part du 38e parallèle.

Dimanche, le Parti du Travail qui dirige la Corée du Nord annonçait que l’arsenal nucléaire était le « trésor de la nation » et qu’il ne serait « pas abandonné même contre des milliards de dollars ». Réplique de la Corée du Sud le lendemain qui promettait une « violente riposte » en cas de « provocation » de Pyongyang.

« Des choses imprévues peuvent arriver, la Chine s'y prépare »

D’où ce nouvel appel à la retenue du porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères ce mardi après-midi à Pékin. La Chine regrette cette décision car elle pourrait pousser le Japon et la Corée du Sud à développer à leur tour l’arme nucléaire.

La Chine s’inquiète aussi : des sources américaines ont évoqué le déploiement de troupes chinoises le long de la frontière sino-nord-coréenne depuis la mi-mars. Une information non confirmée par Pékin mais que comprend Shi Yongming : « C’est maintenant une guerre des nerfs et une guerre d’usure entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, explique ce professeur à l’Institut de recherches sur les questions internationales à Pékin. Des choses imprévues peuvent arriver, c’est donc normal que la Chine s’y prépare. »

Pendant ce temps là les internautes préfèrent en rire. Parmi les « poissons d’avril » qui ont le plus circulé sur les réseaux sociaux chinois ce lundi 1er avril : « La Corée du Nord renonce à l’atome et invite les inspecteurs de l’AIEA pour le vérifier. »

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