France / Japon

Une cargaison de combustible nucléaire va quitter la France pour le Japon

Du Mox en train d'être chargé sur le cargo «Pacific Heron» le 5 mars 2009 au port de Cherbourg.
Du Mox en train d'être chargé sur le cargo «Pacific Heron» le 5 mars 2009 au port de Cherbourg. (Photo : AFP)
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Areva, le spécialiste français du nucléaire civil, s'apprête à envoyer du Mox au Japon. Il s'agit d'un combustible composé notamment de plutonium. Ce convoi et son timing sont très contestés alors que la Corée du Nord se dit en état de guerre et que Tokyo n'en finit plus de lutter contre les conséquences de Fukushima. Le départ aura lieu au port de Cherbourg, dans la Manche, entre lundi et mercredi, selon l'ONG Greenpeace.

Publicité

Dix tonnes de Mox, soit près de 800 kg de plutonium, seront bientôt embarquées dans le port de Cherbourg (France) à bord de deux navires placés sous haute protection. Chacun des deux navires est ainsi équipé de canons de 30 mm.

A bord, une trentaine d'hommes des forces spéciales britanniques est chargée d'assurer la sécurité du convoi dont le départ est prévu, pour Greenpeace, entre le lundi 15 et le mercredi 17 avril. Car, au cours de ce voyage de plus de soixante jours, les bateaux vont naviguer dans des eaux sous tension. Surtout en mer du Japon, où la crise coréenne rend le contexte délicat.

« 100 bombes de Nagasaki »

Alors, du côté de Greenpeace France, cette livraison inquiète. A l'instar de Sébastien Blavier, chargé de campagne climat-énergie, qui explique : « Il y a deux choses qui nous inquiètent. La première, c’est effectivement l’entêtement français à envoyer cette cargaison de Mox qui est équivalente, vu qu’elle contient du plutonium, à presque 100 bombes de ce qu'il y avait dans la bombe de Nagasaki, par exemple. On est très inquiets de la dangerosité de ce transport. »

Redémarrage rapide des centrales

Et l'activiste de continuer : « Et puis, au-delà, on est très inquiets parce que la France s’entête, alors que la catastrophe de Fukushima n’est pas réglée, à envoyer ce Mox au Japon pour forcer la main quelque part, pour les forcer à redémarrer leurs réacteurs nucléaires qui aujourd’hui sont à l’arrêt. »

Seuls deux des 50 réacteurs japonais sont actuellement exploités, mais le nouveau gouvernement libéral-démocrate est revenu sur la promesse de son prédécesseur de centre-gauche de sortir du nucléaire. Ce convoi de Mox doit justement permettre un redémarrage rapide des centrales nippones.


C'est quoi le Mox ? Produit par le groupe français Areva, le combustible nucléaire Mox est constitué d'un petit pourcentage de plutonium et très majoritairement d'uranium appauvri. Ce procédé industriel constitue un débouché technique -par retraitement- du plutonium issu des surplus militaires.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail