Pakistan

Au Pakistan, des minorités peu représentées

Des chrétiens pakistanais manifestent contre le meurtre du ministre des Minorités Shahbaz Bhatti tué par balle au Lahore, le 2 mars 2011.
Des chrétiens pakistanais manifestent contre le meurtre du ministre des Minorités Shahbaz Bhatti tué par balle au Lahore, le 2 mars 2011. Arif Ali / AFP

Le Pakistan vote ce samedi 11 mai pour les élections générales. 85 millions de personnes sont appelées aux urnes. Mais dans cet Etat musulman, les minorités sont peu ou mal représentées dans les Parlements, que ce soit le Parlement national ou dans les parlements régionaux. Elles sont aussi la cible d’extrémistes, et certaines d’entre elles sont mal acceptées dans la société.

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Avec notre envoyé spécial à Lahore, Christophe Paget

Il y a deux mois, un village chrétien de la périphérie de Lahore était entièrement brûlé pour, semble-t-il, voler les terres. « C'est très facile d'attaquer les chrétiens du Pakistan parce que pour la plupart, ils sont très pauvres. Ici, les gens vivent par clans. Et comme ils détestent les chrétiens, c'est très difficile de trouver un bon travail », explique Robinson, candidat chrétien à Lahore.

Si les chiites sont mieux considérés, ils sont aussi régulièrement victimes d’attentats d'extrémistes sunnites. Les plus mal vus restent les Ahmadis, une secte musulmane à qui il a été interdit de se considérer comme musulmans.

« Ils ne peuvent pas construire de dôme sur leurs lieux de prières ou les appeler mosquées, indique Mehdi Hasan, président de la Commission des droits de l’homme du Pakistan. Plus de 600 cas de blasphèmes ont été enregistrés contre eux pour avoir marqué "Salam alekum" sur les invitations aux anniversaires de leurs enfants. Du coup, ils risquent la prison, et ils sont parfois tués par les extrémistes. » Comme le rappelle Mehdi Hassan, 127 partis se présentent à ces élections, mais aucun ne mentionne l'extrémisme religieux dans son programme.

Selon Robinson, le problème des minorités est que personne ne parle pour elles au Parlement. « Quand on devient député sur l'un de ces sièges réservés aux minorités, on est un esclave du parti qui nous l'a accordé, et on n'a rien à dire. Mais les chrétiens l'ont compris, et cette année cinq chrétiens se présentent en indépendants à Lahore. C'est un grand changement », se réjouit le candidat chrétien.

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