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Pakistan / Législatives

Pakistan: après la victoire de Nawaz Sharif, place aux négociations

Les partisans de la Ligue musulmane du Pakistan célèbrent la victoire de leur parti, samedi 11 mai à Lahore.
Les partisans de la Ligue musulmane du Pakistan célèbrent la victoire de leur parti, samedi 11 mai à Lahore. REUTERS/Damir Sagolj
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Au lendemain des élections législatives remportées largement ce samedi 11 mai par l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif et la Ligue musulmane, un nouvel équilibre des forces politiques se dessine au Pakistan. L’ancien joueur de cricket Imran Khan et son Parti pour la justice (PTI) arrivent en deuxième position, réalisant une percée remarquable. La participation a été très importante, autour de 60%. Les électeurs n’ont pas cédé aux menaces des talibans.

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Jamais depuis 25 ans, depuis les élections de 1977 précisément, le taux de participation n’avait été aussi important au Pakistan. C’est dire si les talibans ont raté l’objectif de leur campagne de violences. Depuis un mois, ils multipliaient les attaques contre les candidats. La veille du scrutin encore, ils menaçaient les électeurs pour les inciter à ne pas se rendre aux urnes. En vain. Ce samedi 11 mai, la population s’est déplacée en nombre dans les bureaux de vote.

L’enjeu était important. Pour la première fois depuis 1947, année de l’indépendance du pays, le gouvernement sortant avait réalisé un mandat complet. En allant voter, les Pakistanais ont montré qu’ils ne voulaient pas rater ce rendez-vous, qu’ils voulaient renforcer leur démocratie plutôt vacillante par le passé. Pour les militaires, le message est clair : pas de coup d’Etat, merci.

Victoire symbolique de Nawaz Sharif

La victoire de Nawaz Sharif est également lourde de symbole. Le leader de la Ligue musulmane du Pakistan avait été chassé du pouvoir il y a 14 ans par le général Pervez Musharraf. Sa victoire est donc complète puisque l’ancien dictateur est actuellement en résidence surveillée après un retour raté au Pakistan pour participer aux élections.

Selon les premiers résultats, la Ligue musulmane obtiendrait environ 110 sièges. Nawaz Sharif aurait d’ailleurs remporté la plus grosse des provinces du Pendjab et, à titre personnel, un siège de député à Lahore, tout comme l’ex-joueur de cricket Imran Khan, du Parti pour la justice (PTI).

Le PTI va peut-être devenir la deuxième force politique du pays avec environ 35 députés. Pour un parti qui n’avait jusqu’alors remporté qu’un siège en 2003, ce résultat relève de l’exploit. Surtout, le Parti de la justice revendique la victoire dans une Assemblée provinciale, dans la Khyber Pakhtunkhwa, au nord-ouest du pays et dont Peshawar est la capitale. Malgré ces succès, l’ancien sportif avait tellement promis un tsunami qui renverserait les autres forces du pays, que ses partisans sont un peu déçus.

De délicates négociations

L’heure est maintenant aux négociations. Si les résultats préliminaires sont confirmés, Nawaz Sharif aura besoin de se rallier à une vingtaine de députés pour former une majorité. Cela n’est pas énorme, mais cela pourrait s’avérer un exercice délicat.

Parmi les choix qui se présentent à lui, une alliance avec le Parti du peuple pakistanais (PPP) du clan Bhutto paraît assez peu naturelle. Car les deux partis sont, historiquement, plutôt deux adversaires. Cette année encore, la Ligue musulmane a fait campagne contre le PPP, au pouvoir depuis cinq ans et qui vient de subir une véritable débâcle.

Autre option : le Parti de la justice (PTI). Mais le parti de l’ex-joueur de cricket Imran Khan a toujours refusé d’envisager une alliance avec les grands partis. Il pourrait donc plutôt choisir de faire ses armes dans l’opposition en attendant peut-être sa chance au prochain scrutin.

Nawaz Sharif pourrait aussi se tourner vers les petits partis ou encore les quelque 25 indépendants qui ont été élus hier soir, selon les estimations. Quoi qu’il en soit, les rebondissements au Pakistan sont fréquents en politique et rien n’est jamais complètement impossible.

S’il travaille avec la même passion, s'il continue à travailler dans la même direction, mais cette fois sur les bancs de d’opposition, il deviendra sans aucun doute dans cinq ans notre Premier ministre.

Reportage au quartier général d'Imran Khan à Lahore


Pour approfondir, lire l'article publié par Tony Cross, à Lahore, sur la version anglaise du site de RFI : « Nawaz Sharif set to return as Pakistani PM, will Imran Khan join government ? »

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