Thaïlande

Thaïlande: 20 000 «chemises rouges» commémorent l'anniversaire des manifestations de 2010

Les grandes artères du quartier de Rajprasong, le cœur commercial de Bangkok, ont été bloquées ce dimanche 19 mai par des dizaines de milliers de «chemises rouges».
Les grandes artères du quartier de Rajprasong, le cœur commercial de Bangkok, ont été bloquées ce dimanche 19 mai par des dizaines de milliers de «chemises rouges». REUTERS/Damir Sagolj

En Thaïlande, environ 20 000 manifestants « chemises rouges » ont commémoré dans le centre de Bangkok le troisième anniversaire de la répression militaire du 19 mai 2010. Ce jour-là, l’armée avait lancé l’assaut sur le camp des « chemises rouges », partisans de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, provoquant la mort de plusieurs dizaines de personnes. C’est la plus grosse mobilisation des chemises rouges depuis trois ans. Elle intervient alors que le gouvernement en place évoque la possibilité d’amnistier les responsables des violences.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Les grandes artères du quartier de Rajprasong, le cœur commercial de Bangkok, ont été bloquées toute la journée par des dizaines de milliers de « chemises rouges ». Dans une ambiance à la fois festive et recueillie, les militants ont retrouvé un peu de l’atmosphère de l’été 2010, lorsqu’ils avaient occupé ce quartier pendant trois mois avant l’assaut meurtrier des militaires.

Mais un sentiment diffus d’inquiétude, voire de colère, a aussi plané sur la foule. Le gouvernement actuel, dirigé par Yingluck Shinawatra, la sœur de Thaksin, et porté au pouvoir par les « chemises rouges », a indiqué qu’il ne poursuivrait pas au pénal les militaires pointés du doigt par plusieurs instructions judiciaires pour le massacre d’il y a trois ans. Le gouvernement souhaite ménager ses relations avec l’armée. Il propose une amnistie générale pour toutes les personnes impliquées dans des violences politiques depuis 2006. Une manœuvre dont le but est de pouvoir faire revenir dans le pays Thaksin Shinawatra, lequel s’était exilé après avoir été condamné pour corruption.

De nombreuses « chemises rouges » estiment que cet arrangement fait peu de cas du sacrifice des manifestants de 2010. Elles exigent que non seulement le gouvernement de l’époque mais aussi les chefs militaires soient poursuivis pour leurs actions.

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