Bangladesh

Le Bangladesh sous tension après la condamnation du chef spirituel du plus grand parti islamiste

La condamnation de Ghulam Azam, le chef du parti Jamaat-e-Islami dans les années 1970, risque d' embraser le pays.
La condamnation de Ghulam Azam, le chef du parti Jamaat-e-Islami dans les années 1970, risque d' embraser le pays. AFP PHOTO/Munir uz ZAMAN

C'est une figure de l'islamisme du Bangladesh qui a été condamnée, ce lundi 15 juillet, à 90 ans de prison. Ghulam Azam, ancien chef du parti Jamaat-e-Islami, a été reconnu coupable par une juridiction spéciale qui statue sur les exactions commises lors de la guerre d'indépendance contre le Pakistan en 1971. Il est le cinquième responsable islamiste condamné depuis six mois pour les crimes commis pendant le conflit qui aurait coûté la vie à près de 300 000 personnes. Un verdict contesté autant du côté des islamistes que des groupes laïcs. Des protestations ont eu lieu dans les rues de Dacca.

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Avec notre correspondant à Bombay, Sébastien Farcis

Les avocats de la défense se sont logiquement élevés contre cette lourde condamnation et ils feront appel, affirmant que tous les documents présentés par l'accusation ont été « forgés ». Ils font entre autres référence à un ordre écrit mentionnant que Ghulam Azam aurait ordonné de tuer 38 personnes en 1971.

Les manifestants anti-islamistes ne sont pas non plus satisfaits de ce verdict, qui évite la peine capitale à cet accusé, car il est âgé de 91 ans.

Mahmudul Haque est l'un des membres du groupe Gonojagoron Mancha, qui a initié ce lundi 15 juillet au soir des protestations dans le centre de Dacca. « Quand Ghulam Azam a tué tous ces gens, il ne leur a pas demandé leur âge, fait-il remarquer. Il s'attaquait à chaque Bangladais, de 1 à 100 ans. Les militants de son parti affirment déjà qu'ils pourront le faire sortir de prison dans un an. Il doit donc être pendu pour éviter cela ».

La situation dans les rues bangladaises va rapidement se tendre, car les islamistes du Jamaat-e-Islami, dont les membres sont très violents, vont également imposer un couvre-feu général dans le pays jusqu'à mardi soir pour protester contre ce verdict. 

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