Cambodge / Politique

Accusations de fraude sur les élections législatives au Cambodge

«A voté ! », le Premier ministre Hun Sen a voté ce dimanche 28 juillet au scrutin législatif au Cambodge
«A voté ! », le Premier ministre Hun Sen a voté ce dimanche 28 juillet au scrutin législatif au Cambodge REUTERS/Damir Sagolj

Un peu plus de neuf millions et demi de Cambodgiens étaient appelés à voter ce dimanche 28 juillet. L'opposition estime que le scrutin a été entaché d'irrégularités. Son leader, Sam Rainsy, qui vivait exilé en France depuis 2009 pour échapper à des condamnations qu'il estime politiques et n'avait pas obtenu l'autorisation de se présenter personnellement à ce scrutin, conteste d'ores et déjà le résultat du scrutin. Aucun résultat officiel n'a été annoncé pour l'instant.

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Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gee

Dans la capitale, l'élection se déroule dans le calme, avec un système assez bien rôdé. Néanmoins, en province, de nombreuses allégations circulent, selon lesquelles des groupes de personnes complètement inconnues d'une localité viennent pourtant y voter. Avant même le jour du scrutin, l'opposition comme la société civile ont dénoncé des failles dans l'établissement des listes électorales, qui pourraient, selon certaines enquêtes, priver de leur droit de vote près d'un électeur sur dix. Autre suspicion de fraude, le déplacement d'électeurs favorables au PPC dans des bastions du parti au pouvoir à conserver.

Encre pas si indélébile que cela

«Regardez c’est dur à enlever !». Ieng à la sortie d’un bureau de vote, montre son index noirci. L’encre utilisée pour marquer le doigt des électeurs ne serait pas indélébile, c’est la dernière accusation, émise la veille, par l’organisation Comfrel, Comittee fo Free and Fair Elections in Cambodia, qui en fait la démonstration dans une vidéo postée sur Youtube et déjà vue par plusieurs milliers d’internautes en 24 heures.

« Aux élections précédentes, les mêmes bruits couraient mais je ne crois pas du tout à ces rumeurs ». Panya ne se dit pas inquiet, tout comme Sophal, qui n’imagine de fraude électorale possible. « J’ai entendu dire ça, mais je ne crois pas qu’à Phnom Penh, ce soit possible de voter plusieurs fois. Il y a beaucoup d’observateurs» précise t-il.

Certains, en revanche, prennent très au sérieux l’affaire. C'est le cas de Sophoan qui s'exclame : « Avant, il fallait 2-3 jours avant que l'encre ne parte. Là, elle part tout de suite. Je pense que ces élections sont une plaisanterie ! Comment peut-on les prendre au sérieux si on peut enlever facilement l'encre de son doigt. Et donc ceux qui sont inscrits sur différentes listes sous plusieurs noms pourront voter plusieurs fois ! »

Une tricherie orchestrée selon Sam Rainsy

Des accusations de fraude qui ont été rejetées en bloc par la Commission électorale. Sam Rainsy, le président du principal parti d'opposition, qui a mobilisé durant la campagne un large mouvement de mécontentement, a déjà déclaré samedi 27 juillet que les résultats des élections seraient biaisés en raison d'une tricherie orchestrée par le parti au pouvoir. Il attend de voir quelle ampleur prendra cette fraude électorale avant, dit-il, de décider comment y répondre.

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