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Japon

Japon: les eaux contaminées de Fukushima

Réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima, le 18 juillet 2013. Il est le dernier réacteur à avoir été soufflé après le tremblement de terre qui a frappé le Japon, le 11 mars 2011.
Réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima, le 18 juillet 2013. Il est le dernier réacteur à avoir été soufflé après le tremblement de terre qui a frappé le Japon, le 11 mars 2011. REUTERS/Kyodo
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Depuis la destruction des pompes de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi par le tsunami du 11 mars 2011, la question de la gestion de l'eau a toujours été au cœur des préoccupations de ceux qui ont dû gérer ce désastre nucléaire. Les déversements massifs d’eaux de toutes provenances, qui ont été utilisées pour tenter de refroidir les réacteurs, ont été à la fois une solution et un problème. La découverte récente d’une forte contamination des eaux souterraines à proximité de la mer a amené l’autorité de régulation nucléaire japonaise à agir pour comprendre et surveiller l’évolution de cette catastrophe qui continue de polluer gravement l’environnement terrestre et maritime.

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Le 11 mars 2011, la centrale de Fukushima, qui se trouve sur le bord de l'océan Pacifique au centre du Japon, est confrontée à un puissant séisme suivi d’un tsunami dévastateur qui va engloutir une partie du site nucléaire. Le raz-de-marée détruit de nombreux équipements, dont les pompes nécessaires au refroidissement des réacteurs qui vont se mettre à monter rapidement et dangereusement en température.

Le directeur de la centrale en péril, Masao Yoshida, qui est décédé mi-juillet et qui est aujourd’hui reconnu comme un héros, a la présence d’esprit et le courage de désobéir aux ordres techniquement aberrants qui lui arrivent de sa direction : il décide d’inonder le réacteur n° 2 avec de l’eau de mer. Un geste qui a probablement permis d’éviter le pire et l’évacuation de Tokyo.

Le samedi 12 mars dans l’après-midi, le bâtiment du réacteur n°1 est soufflé. Le 14 mars, ce sera le réacteur n°3. Les incendies et les explosions se multiplient, contaminant principalement la mer et de nombreuses terres dans le centre-est du Japon. 100 000 personnes seront évacuées.

Pendant les mois qui suivent, l’opérateur de la centrale, Tepco, va essayer de limiter le désastre et d’empêcher une évolution catastrophique. Les intervenants qui ne peuvent pas s’approcher des sites accidentés à cause de l’importante radioactivité inondent les réacteurs par tous les moyens avec toute l’eau disponible.

Une eau qui va très fortement se contaminer au contact des éléments radioactifs, qui va s’accumuler dans toutes les structures de la centrale, et s’infiltrer partout au point d’inonder certains espaces, compliquant l’intervention des opérateurs. Il faudra même faire appel à des technologies étrangères pour traiter l’eau et diminuer sa radioactivité. Mais cela n’empêchera pas quelques épisodes de rejets de cette eau contaminée dans l’océan.

Deux ans après le début de la catastrophe sur les six réacteurs existants, les réacteurs 1, 2 et 3 ont fondu et sont toujours inaccessibles. La piscine du réacteur 4, où sont entreposées des barres de combustion, menace. La contamination aérienne et maritime continue.

Les eaux souterraines gravement contaminées

Fin juin 2013, Tepco affirme que les eaux souterraines, même si elles étaient contaminées, ne peuvent pas se déverser dans la mer, car elles sont retenues par les infrastructures de la centrale. De plus, selon Tepco, les analyses qui ont été effectuées dans l’eau de mer n’ont pas révélé de hausses anormales de substances radioactives.
Pourtant, à cette même période, des mesures faites sur des eaux souterraines, captées à partir d’un puits se trouvant entre les réacteurs et la mer, révèlent un taux anormal de contamination.

Ce prélèvement signale qu’il y a plus de 3 000 becquerels par litre produisant des rayons bêta comme le strontium 90 et constate un niveau de tritium huit fois plus élevé que la dose autorisée.

Le 3 juillet dernier, Tepco fait un nouveau puits à 25 mètres de la mer pour mesurer la contamination des eaux souterraines et relève un niveau de 4 300 becquerels par litre. Le 5 juillet, à ce même endroit, le niveau est devenu phénoménal, passant à 900 000 becquerels par litre, soit un niveau plusieurs dizaines de milliers de fois supérieur à la dose limite admise pour l’eau de mer.

Pour l’opérateur, l’explication pourrait venir de la présence d’un tuyau contaminé. Mais l’argument ne tient pas, puisque dans les jours suivants, à ce même endroit, on observe une hausse spectaculaire du césium. En trois jours, des relevés donneront des valeurs pour le césium 134 qui passeront de 99 becquerels par litre à 11 000 becquerels par litre. Et pour le césium 137, des valeurs de 210 becquerels monteront à 22 000 becquerels par litre, soit une multiplication par 90 du niveau du césium.

L’autorité de régulation nucléaire réagit

Dès l’annonce de ces chiffres, l’autorité de régulation nucléaire, la NRA, a exprimé son inquiétude face à l’augmentation de ces fuites radioactives. Ce nouvel organisme indépendant créé le 19 septembre 2012 est rattaché au ministère japonais de l’Environnement et en charge de la réglementation des activités nucléaires. Son président Shunichi Tanaka a déclaré mi-juillet : « Je pense que la mer continue d’être contaminée de manière plus ou moins forte… Elle a été contaminée au moment de l’accident, mais je pense que cela a continué à être le cas au cours des deux dernières années. La priorité absolue est d’élaborer des plans permettant de faire face à tous les scénarios possibles. »

Fin juillet, la NRA a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les causes de la contamination des eaux souterraines et la création d’une équipe chargée de surveiller la pollution du milieu halieutique.

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