Chine

Chine: le géant pharmaceutique Sanofi au cœur d'un scandale de pots-de-vin

Une employée rentre dans un bureau du géant pharmaceutique français Sanofi, à Shanghai, le 2 aout 2013.
Une employée rentre dans un bureau du géant pharmaceutique français Sanofi, à Shanghai, le 2 aout 2013. REUTERS/Aly Song

Selon les révélations publiées ce jeudi 8 août par le quotidien chinois 21e siècle, le géant français de l’industrie pharmaceutique, Sanofi, serait soupçonné d’avoir versé plus de 200 000 euros de pot-de-vin à des médecins chinois pour le placement de ses produits. La société emploie 6500 personnes en Chine. Selon le quotidien basé à Canton, les faits remonteraient à 2007.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

C’est une source mystérieuse répondant au pseudonyme de « bacon » terme anglais pour « lard fumé », qui est à l’origine de ces révélations. Le quotidien 21e siècle ne précise ni la fonction, ni la date de l’entretien mené avec cette source anonyme, mais la précision des faits évoqués semble indiquer que ce témoin était au cœur des transactions.

Cinq cent trois médecins chinois auraient ainsi reçu des pots-de-vin ou des bons d’achat de la part de Sanofi pour utiliser deux médicaments contre l’hypertension artérielle. L’article révèle la liste des 79 hôpitaux concernés : 28 à Pékin, 24 à Shanghai, 16 à Canton et 11 à Hangzhou. Le journal précise qu’il a refusé de publier le nom des médecins incriminés. Le montant le plus élevé, 11 200 yuans (environ 1 300 euros) concernerait un employé de l’hôpital de Jishuitan à Pékin.

Pourquoi maintenant?

Au total, Sanofi aurait ainsi versé 1 million 690 000 yuans, soit environ 207 000 euros de pots-de-vin entre mai et novembre 2007. Des faits relativement anciens qui posent la question du calendrier : pourquoi maintenant ? « Sanofi prend très au sérieux les allégations soulevées dans le rapport des médias. Sanofi a établi des processus en place pour examiner et aborder ces questions d'une manière qui soit compatible avec nos obligations légales et éthiques. À ce moment, il serait prématuré de se prononcer sur les événements qui se sont produits en 2007 », a indiqué dans un communiqué publié ce jeudi après-midi le siège de Shanghai du groupe français.

Selon plusieurs médecins chinois que nous avons contactés, ces pratiques seraient assez courantes et partagées. On note par ailleurs que ces révélations interviennent alors qu’on attend les résultats d’une enquête de la commission d’Etat pour le Développement et la réforme chargée de vérifier les prix pratiqués par une soixantaine de firmes pharmaceutiques locales et internationales en Chine.

Ces allégations interviennent aussi alors qu'un autre géant du médicament fait l'objet d'une enquête pour corruption pour des faits beaucoup plus marquants encore. Près de 500 millions de dollars de pots de vins auraient été distribués par des employés du groupe britannique GlaxoSmithKline (GSK) aux hôpitaux et à des fonctionnaires chinois afin de doper ses ventes.

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