Chine / Justice

Affaire Bo Xilai: la mère du britannique assassiné exige une compensation

Nick Heywood (g.), homme d'affaires britannique soupçonné d'avoir été assassiné sur ordre de Gu Kailai, femme de Bo Xilai (d.)
Nick Heywood (g.), homme d'affaires britannique soupçonné d'avoir été assassiné sur ordre de Gu Kailai, femme de Bo Xilai (d.) REUTERS/Stringer/Files

Nouveau rebondissement dans l’affaire Bo Xilai, le dirigeant déchu dont on attend le procès dans les jours qui viennent en Chine. Ce lundi 12 août, c’est la mère du Britannique assassiné qui sort de son silence. Mme Heywood demande à être dédommagée pour le meurtre de son fils. Les avocats parlent de 30 à 40 millions de yuans d’indemnités.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Entre 3,7 et 6 millions d’euros d’indemnités, voilà le montant que les avocats de la mère de Neil Heywood auraient exigé pour la mort de ce citoyen britannique.

Une demande de compensation qui passe par la négociation et non par la justice chinoise, comme l’a confié ce lundi à RFI, Maître Li Xiaolin : « La mère de la victime a d’abord demandé quelques dizaines de millions de yuan, puis le montant a été réduit à 30 à 40 millions de yuans via la négociation », affirme l’avocat qui avait été sollicité par Bo Guagua pour défendre sa mère Gu Kailai il y a un an.

« Le problème c’est que Gu Kailai est en prison et qu’elle n’a que l’argent que lui donne sa famille. Autre problème : la mère de Neil Heywood ne peut pas faire appel à la justice, puisque selon la loi chinoise la compensation attribuée aux familles des victimes de meurtre en Chine ne peut excéder un million de yuan. »

« Agir avec compassion »

Un plafond d’un peu plus de 120 000 euros pour la mort d’un citoyen britannique dans laquelle est impliquée Gu Kailai. L’épouse de l’ancienne étoile montante du Parti communiste chinois a été condamnée à la peine de mort avec sursis il y a un an. Depuis les « démarches discrètes entamées auprès des autorités chinoises n’ont rien données (…) J'ai bon espoir que les dirigeants de cette grande nation, que Neil aimait et respectait, vont à présent agir de façon résolue et avec compassion, afin d'offrir un dédommagement pour les conséquences de ce terrible crime », affirme Ann Heywood dans une déclaration publiée par le Wall Street Journal.

Ancien proche de Gu Kailai, le Britannique assassiné a notamment été gérant entre 2007 et juin 2011 d’une société domiciliée dans une luxueuse villa de Cannes en France, dont on devrait probablement reparler lors du procès de Bo Xilai annoncé fin juillet, estime le New York Times. Le dirigeant déchu est inculpé pour corruption et abus de pouvoir. Aux termes de l’article 182 de la loi pénale chinoise la justice à deux mois pour prononcer le jugement avec une prolongation possible de trois mois si la cour supérieure de justice l’autorise.

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