Chine

Procès Bo Xilai: le dirigeant déchu qualifie son ex-bras droit «d’infâme» menteur

Bo Xilai, lors de l'audience du 25 août 2013 à Jinan.
Bo Xilai, lors de l'audience du 25 août 2013 à Jinan. REUTERS/China Central Television (CCTV) via Reuters TV

Le procès Bo Xilai a été ajourné ce dimanche 25 août. Il reprendra lundi au tribunal de Jinan (province du Shandong). Le dirigeant déchu est accusé d’abus de pouvoir et d’avoir reçu l’équivalent de plus de 2,5 millions d’euros de pots-de-vin, dont une villa à Cannes. Ce dimanche, il a qualifié l’ex-chef de la police de Chongqing, ville qu’il dirigeait lors de sa chute, «d’infâme» menteur.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Le témoignage de Wang Lijun est capital pour l’accusation. L’ancien secrétaire général du Parti communiste de Chongqing et ses avocats se sont donc employés à le démentir. Après avoir traité sa femme Gu Kailai de « folle » vendredi, Bo Xilai, 64 ans, a accusé ce dimanche sont ancien ami et patron de la police de Chongqing (sud du pays) de mensonge.

« Wang Lijun a manifestement continué à mentir, on ne peut se fier à aucune de ses affirmations, a indiqué l’ancien membre du bureau politique du PC chinois. Elles sont remplies de tromperies, il ne fait que déblatérer (…) C’est un personnage infâme, qui répand des rumeurs et brouille les cartes. »

Durant son audition samedi, Wang Lijun a accusé Bo Xilai de l’avoir frappé au visage d’un « coup de poing » au soir du 29 janvier 2012, alors qu’il venait de prévenir son supérieur que son épouse était suspectée du meurtre d’un Britannique.

« Technique de la boxe chinoise »

Ce n’était qu’une « gifle », a insisté l’ancien dirigeant : « Il affirme que je ne l’ai pas giflé mais frappé d’un coup de poing. En vérité, je n’ai jamais appris la technique de la boxe chinoise, donc j’en serais bien incapable. »

« Abus de pouvoir » : Wang Lijun accuse son ancien mentor d’avoir voulu étouffer le meurtre d’un Britannique commis par sa femme Gu Kailai. « Corruption » : cette dernière a accusé son mari d’être au courant des pots-de-vin qu'elle avait reçus, ainsi que son fils alors étudiant à l’étranger. Dans les deux cas, Bo Xilai a nié les faits, ce qui lui a valu d’être qualifié à son tour de « menteur » par les médias officiels.

Malgré les débats contradictoires et l’apparente transparence de l’audience, la plupart des experts estiment que le verdict a déjà été décidé par le pouvoir et que l’ancien apparatchik sera lourdement condamné. Les militants des droits de l’homme ont par ailleurs dénoncé le placement en détention de près d’une trentaine d’activistes venus dans la capitale du Shandong pour observer le procès.

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