Afghanistan

Afghanistan: un retrait matériel sous pression talibane

La police afghane inspecte le site de Torkham (Afghanistan), après l'attaque des talibans du 2 septembre qui a endommagé des dizaines de véhicules
La police afghane inspecte le site de Torkham (Afghanistan), après l'attaque des talibans du 2 septembre qui a endommagé des dizaines de véhicules REUTERS/ Stringer

Alors que la communauté internationale hésite toujours à intervenir en Syrie, un exemple est souvent utilisé par les partisans de la retenue : l'intervention en Afghanistan. Elle devrait se terminer à la fin de l'année prochaine soit treize ans après son début. Si le départ des quelque 100 000 hommes de l'OTAN encore présents se fait sans encombre, celui du matériel est plus compliqué.

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avec notre correspondant à Kaboul,

Lundi 2 septembre, une base américaine a été prise pour cible par des insurgés tout à l'est de l'Afghanistan. Le poste de combat avancé de Torkham est un point de passage stratégique car situé à un kilomètre seulement de la frontière avec le Pakistan.

L'attaque s'est soldée par la mort de trois assaillants. Il n'y a pas eu de victimes côté américain, seul un soldat afghan a été blessé, mais plusieurs dizaines de véhicules de la coalition ont été détruits. Selon le porte-parole du gouverneur provincial, 41 camions et véhicules blindés de l'OTAN ont été endommagés. Les talibans - qui ont revendiqué l'attaque - parlent eux de plus de 200 véhicules dont 150 tanks. Un chiffre à prendre avec beaucoup de prudence, les insurgés ont toujours l'habitude d'exagérer leur bilan.

Risques

Néanmoins, quels que soit les chiffres, le bilan matériel est lourd. Ces camions et véhicules blindés étaient tout simplement garés à proximité de la base en attendant de passer la frontière. De nombreux Afghans passent tous les jours par cet endroit, mais depuis l'été dernier, l'axe est très utilisé par les camions de l'OTAN.

Le Pakistan a autorisé, après plusieurs mois de négociation, le transport du matériel de la coalition qui vient de Kaboul pour rejoindre le port pakistanais de Karachi. Les Américains sont les premiers concernés. Ils préfèrent cette solution au transport par avion, largement plus onéreux. Mais cette solution comporte des risques : la route qui relie Kaboul à la frontière n'est pas complètement sécurisée. L'attaque de lundi en constitue la preuve.

Plus que 100 bases

Dans leur revendication, les talibans ont assuré avoir voulu s'en prendre aux « outils » de la coalition. Cela peut sembler contradictoire, dans le sens où ce retrait du matériel montre le désengagement des armées étrangères. Il ne reste plus que 100 bases de l'OTAN sur les 800 qu'a pu compter l'organisation dans le pays. Mais les insurgés veulent continuer à mettre la pression sur les armées étrangères. Un peu comme cela avait été le cas au moment du départ des troupes soviétiques d'Afghanistan.

Alors que l'armée afghane est désormais en première ligne dans les combats, les insurgés promettent de tout faire pour compliquer la tâcher de l'OTAN.

Le retrait des troupes françaises en images (décembre 2012)

Reportage en images

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