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Chine

Les Chinois ont soif de lait français

Les Chinois ne produisent pas assez de lait pour eux. Ils vont donc s'approvisionner en Nouvelle-Zélande et en Europe.
Les Chinois ne produisent pas assez de lait pour eux. Ils vont donc s'approvisionner en Nouvelle-Zélande et en Europe. Photo By BSIP/UIG via Getty Images
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L’industrie agroalimentaire chinoise s’intéresse maintenant de près aux laiteries françaises. Après Cochonou et Justin Bridou, deux marques de charcuterie françaises, cédées à des investisseurs chinois, le lait « made in France » est la nouvelle cible. Les Chinois, loin de produire suffisamment de lait pour leur consommation intérieure, se tournent vers l'étranger.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Après le vin et les châteaux bordelais, c’est effectivement le lait français qui intéresse les Chinois. Ce qui n’est pas étonnant quand on voit le prix du lait étranger à Pékin. Au supermarché, la bouteille de 1 litre de lait venu de France coûte près de trois euros et c’est ainsi pour tous les laits étrangers. Il y a eu cet immense séisme pour l’opinion chinoise, une rupture du pacte de confiance avec les autorités sanitaires : c’était l’année des JO de Pékin en 2008 avec le scandale du lait à la mélamine qui a affecté 300 000 nourrissons et tué six d’entre eux. Un scandale encore présent dans toutes les mémoires et qui a rendu les Chinois méfiants vis-à-vis du lait fabriqué en Chine. Ils continuent donc d’acheter des marques étrangères.

Les Chinois veulent produire eux-mêmes du lait à l'étranger

Il y a quelques années on disait que les Chinois était allergiques au lactose. Les choses ont évolué avec une explosions des exportations. D'où, comme pour les vignes, la volonté chez ces investisseurs chinois de produire eux-mêmes à l’étranger. Comme le pétrole, la Chine veut sécuriser son approvisionnement en lait, car elle est loin de produire suffisamment pour sa propre consommation. C’est ce qui a conduit au scandale du lait à la mélamine d’ailleurs, car la mélamine est un adjuvant pour faire croire qu’il y a du lait là ou il n’y en a pas.

Les exportations de lait en poudre s'envolent, mais aussi celle des briques et des bouteilles. Un peu plus de 2 200 tonnes de lait étranger liquide ont été vendus sur le marché chinois en 2011, contre plus de 7 200 tonnes en 2012. Comme le reste, dans une Chine qui s’est enrichie, les goûts se mondialisent. Cela vaut aussi pour le saucisson. Mais concernant le lait, outre l’opération financière, ce qui est intéressant ici c’est qu’il s’agit aussi pour les Chinois du secteur, d’une tentative pour améliorer leur image et d’apprendre de l’étranger. Ils comptent pour cela sur la fin des quotas laitiers européens en 2015. Certains producteurs français approchés se méfient toutefois du retour de bâton et craignent que ces investissements ne tirent les prix à la baisse.

Laits français dans les étals de supermarchés chinois.
Laits français dans les étals de supermarchés chinois. ©Stéphane Lagarde / RFI

Des investissemenst discrets dans le secteur laitier

On sait que le groupe chinois Biostime spécialisé dans le lait pour bébé, a investi 20 millions d’euros pour aider la coopérative Isigny-Sainte-Mère à construire une nouvelle usine en Normandie. Ces investissements sont très discrets, plus discrets que dans le vin. D’abord pour ne pas effrayer le partenaire local, dont l’image pourrait être ternie en raison d’une association avec une industrie agroalimentaire chinoise décriée. On a vu ce qui s’est passé avec le producteur néo-zélandais Fonterra

Sans mécanisme de contrôle strict en Chine, vendre du lait sous marque chinoise pourrait être dangereux pour le label qualité française en cas de scandale sanitaire. Et puis pour ne pas susciter la méfiance des consommateurs chinois eux-mêmes, qui ne croient que dans les produits alimentaires fabriqués à l’étranger. Pour Song Liang, analyste au centre de promotion et de distribution du commerce chinois, « de nombreuses entreprises chinoises tentent d’aller à l’étranger pour redorer leur image », mais ce n’est pas sûr que l’opération fonctionne car « beaucoup de Chinois se méfient de ces entreprises hybrides et chercheront à acheter pour le moment du 100% étranger en matière alimentaire ».

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