Chine

La Chine veut réduire d’un quart la pollution de ses grandes villes d’ici à 2017

Des voitures sur une avenue de Pékin, lors d’une soirée brumeuse, le 29 janvier 2013
Des voitures sur une avenue de Pékin, lors d’une soirée brumeuse, le 29 janvier 2013 REUTERS/China Daily/Files

C’est un véritable défi que s’est lancé le gouvernement chinois. Pékin se donne quatre ans pour réduire d’un quart les niveaux de pollution atmosphérique dans les principales villes du pays. C’est un rapport du Conseil d’Etat rendu public ce jeudi qui l’affirme. Premier objectif : le pays devra réduire progressivement sa dépendance au charbon.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

À vélo, à pied, dans les bus comme à la sortie des métros, les masques sont de retour à Pékin. Même le bel automne chinois et les vacances de la lune n’échappent plus au brouillard de particules fines destructrices pour les poumons.

Une pollution devenue depuis deux ans le premier sujet de conversation chez les habitants des grandes villes, avec des niveaux de particules en suspension de moins de 2,5 microns, qui ont dépassé l’hiver dernier jusqu’à 40 fois le seuil critique fixé par l’Organisation mondiale de la santé.

Trois régions au régime sur le charbon

Le gouvernement se devait de réagir. Trois des régions les plus urbanisées du pays, dont la province du Hebei autour de la capitale chinoise, au nord, et au sud, le delta des Perles autour de Canton, seront mise au régime et devront « parvenir à une réduction de leur consommation totale de charbon ».

Un impératif dicté par des questions sanitaires: depuis le début de l’année, le niveau de la qualité de l’air de la capitale chinoise a varié entre « très insalubres » à « dangereux pour la santé ». Le nombre des cancers du poumon à Pékin a augmenté de 60 % au cours de la décennie écoulée.

Greenpeace Chine affirme même de manière plus ciblée, qu’en 2011 plus de 9 900 personnes originaires de Pékin et de Tianjin à l’est de la capitale, sont mortes prématurément en raison des microparticules qui se fixent sur les poumons.

Urbanisation de « haute qualité »

Les enjeux sont aussi économiques: la pollution commence à faire réfléchir et pourrait dissuader les entreprises de s’implanter dans les régions noyées par le brouillard. Et Pékin a vu sa fréquentation touristique chuter de 15 % au cours de la première moitié de cette année.

Selon le plan en dix points présenté par le gouvernement chinois en juin dernier, en 2017 la capacité totale des réacteurs nucléaires en opération devrait atteindre 50 millions de kilowatts, les énergies vertes s’élèveront alors à 13 %. Quant au charbon, selon le document publié ce jeudi par le Conseil d’Etat, il ne devrait plus occuper que 65 % des ressources énergétiques du pays. Un objectif contredit par une urbanisation rapide considérée comme principal moteur de la croissance chinoise.

La Chine doit planifier une urbanisation de « haute qualité », a martelé ces derniers jours le vice-président de la commission nationale, Zhang Xioqiang. 400 millions de Chinois devraient rejoindre les villes dans les dix ans à venir.

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