Cambodge

Cambodge: incidents entre la police et l'opposition

Sam Rainsy, président du Parti du sauvetage national, s'adressant aux manifestants, à Phnom Penh, le 15 septembre 2013.
Sam Rainsy, président du Parti du sauvetage national, s'adressant aux manifestants, à Phnom Penh, le 15 septembre 2013. REUTERS/Athit Perawongmetha

Au Cambodge, la première journée d'un rassemblement pacifique de trois jours organisé par l'opposition pour contester les résultats des élections législatives du 28 juillet, s'est achevée ce dimanche sur une note tragique, tard dans la soirée. Au sud de la capitale, une multitude de personnes se sont retrouvées bloquées dans un embouteillage monstre, sans réussir à convaincre les forces de l'ordre de lever un des innombrables barrages mis en place le matin même. Enervés, les conducteurs ont confronté les gendarmes qui ont répondu par des tirs de balles et de gaz lacrymogènes. Au moins une personne a trouvé la mort.

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Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gee

L'esplanade de la Liberté a été prise d'assaut par une foule bigarrée de plusieurs dizaines de milliers de personnes à l'humeur enjouée mais combative. Pour des centaines d'entre eux, comme Chhim Vorn, pas question de retourner dans leurs villages.

« On est venu à dix voitures de la province de Pursat et on va tous dormir ici ce soir ! ». La veillée s'organise sous des tentes, de la nourriture est distribuée aux supporters. Les autres militants les retrouveront le lendemain.

Tang Sothy, un membre actif de l'opposition, se réjouit : « Jusqu'à maintenant, cette première journée de manifestation est pour nous un succès. »

En effet, aucune des injonctions des autorités n'a été suivie. Au-delà du nombre de participants, près de cinq fois supérieur à celui autorisé, l'interdiction de camper sur l'esplanade après 18 heures a été ignorée, tout comme celle d'organiser des marches impromptues dans la capitale. Les autorités ont laissé faire.

Dans l'après-midi, des tensions surgissent non loin du Palais royal, entre un groupe de manifestants et les forces de police. Jets de pierres accueillis par des lances à eau et des gaz lacrymogènes, et la crainte d'une escalade de violences.

Quand soudain, une clameur joyeuse s'élève, annonçant l'arrivée sur les lieux de Sam Rainsy, le chef de file de l'opposition. Il appelle les jeunes au calme, leur explique que la violence n'est pas nécessaire et qu'il la condamnera. Et il les invite à rejoindre l'esplanade de la Liberté. La crise est désamorcée. Aucun faux pas n'a été commis avant la tenue lundi matin d'un autre round de négociations entre l'opposition et le parti au pouvoir.

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