Afghanistan

Les Afghans divergent sur le maintien des troupes américaines

Policiers afghans à Kaboul, le 18 juin 2013.
Policiers afghans à Kaboul, le 18 juin 2013. REUTERS/Mohammad Ismail

La Loya Jirga, l'assemblée traditionnelle afghane, se tient jusqu'à dimanche 24 novembre. Les représentants doivent décider du maintien ou non des troupes américaines après 2014. Si l'accord est validé, on ne sait pas quand l'accord de sécurité avec les Etats-Unis sera mis en application. Hamid Karzaï a annoncé qu'il ne serait probablement pas le président qui signera le texte, renvoyant à son successeur qui doit être élu l'an prochain. Une position qui interroge à Washington. Mais qu'en pensent les Afghans, après plus de 10 ans d'intervention internationale dans le pays ? Reportage dans les rues de la capitale.

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Avec notre correspondant à Kaboul, Nicolas Ropert

Alors que les 2 500 membres de la Loya Jirga sont réunis de l'autre côté de la ville, Attaullah est confiant sur la décision déterminante que doivent prendre les représentants afghans. Cet ancien moudjahidine qui a combattu les Soviétiques au côté du commandant Massoud est pour le maintien des soldats américains en Afghanistan. C’est la seule solution, selon lui, pour éviter une nouvelle guerre civile.

« Je pense que nous aurons besoin des Américains dans le futur », explique-t-il. « Sinon, l'Afghanistan doit s'attendre à des heures sombres. Mais la seule solution est de discuter entre Afghans pour qu'on puisse faire la paix. »

→ A (RE)LIRE : Afghanistan: la Loya Jirga examine l’accord de sécurité bilatéral avec les Etats-Unis

Ce n'est pas l'avis de Qaseem Rahimi. Après plusieurs années passées en France, ce commerçant afghan s'est réinstallé à Kaboul. Douze ans après le début de l'intervention militaire, il estime que les troupes étrangères doivent quitter l'Afghanistan : « Je pense que c’est le souhait de pas mal d’Afghans, parce qu’on ne peut pas imposer la démocratie par les armes. Il y a d’autres façons de faire, à mon sens. Je vois dans ce pays qu’il y a peu d’hôpitaux, peu d’écoles, peu de choses qui font qu’un pays avance. Je vois qu’il y a plus de présence militaire, qu’elle soit afghane ou étrangère. Ce n’est pas comme ça qu’un pays avance, qu’on construit un pays ».

Les représentant afghans doivent se prononcer ce dimanche sur l'accord de sécurité avec les Etats-Unis qui prévoit la présence d'environ 10 000 soldats américains après 2014.

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