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Pakistan

Pakistan: l'armée change de tête, et de priorité

Le général Raheel Sharif nouveau chef de l'armée pakistanaise, au siège des forces armées, le 29 novembre 2013.
Le général Raheel Sharif nouveau chef de l'armée pakistanaise, au siège des forces armées, le 29 novembre 2013. REUTERS/Mian Khursheed
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Cérémonie de passation des pouvoirs ce vendredi 29 novembre au quartier général de l’armée pakistanaise : le général Ashfaq Kayani, qui dirigeait la puissante institution depuis six ans, prend sa retraite. Il cède la place à Raheel Sharif, nommé mercredi par le Premier ministre.

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Avec notre correspondante à Islamabad, Gaëlle Lussiaà-Berdou

Le bilan laissé par le général Kayani au moment de son départ est généralement positif. Surtout parce que pendant son mandat, le général Kayani est soigneusement resté à l’écart du jeu politique. Une sorte d’exploit dans ce pays où l’armée a renversé trois fois le pouvoir civil.

Le chef de l’armée est souvent décrit ici comme l’homme le plus puissant du pays. L’an dernier, le magazine Forbes plaçait d’ailleurs Ashfaq Kayani en 28e position des personnes les plus influentes de la planète. Mais il a toujours affiché son soutien à la démocratie, et c’est sous son règne que le Pakistan a connu sa première transition démocratique entre deux gouvernements élus, en mai dernier.

Violences

Bien sûr, le général Kayani est aussi critiqué. Les violences se multiplient dans le pays. Certaines régions échappent au contrôle des militaires et les insurgés islamistes y font la loi. L’armée est aussi régulièrement accusée de violations des droits de l’homme.

Et puis c’est aussi pendant qu’il était en poste que les Américains ont retracé Oussama Ben Laden en sol pakistanais. Événement embarrassant pour l’armée, et qui a terni sa réputation dans l’opinion publique.

→  A (RE)LIRE : Pakistan: Raheel Sharif, nouveau chef de l'armée

Choisir le général Raheel Sharif était certainement une décision délicate : la dernière fois que Nawaz Sharif a eu à désigner un chef d’état-major, c’était dans les années 90, et ça ne lui a pas porté chance. Il avait choisi à l’époque Pervez Musharraf.

Ce même Musharraf qui l’a renversé dans un coup d’État un an plus tard. Raheel Sharif, lui, est décrit comme un modéré, qui partage les idées prodémocratie de son prédécesseur. C’est aussi un proche de l’entourage du premier ministre, ce qui a pu, on l’imagine peser dans la décision.

Défis nombreux

Les défis qu'il devra affronter sont nombreux. D’abord à l’intérieur de ses frontières, le Pakistan fait face à une insurrection, qu’on a évoquée. C’est d’ailleurs pour Raheel Sharif « la » priorité, dit-on. Et ça c’est une rupture avec les vieux paradigmes. Historiquement, l’ennemi numéro un c’était l’Inde. Ceci dit les relations avec le voisin indien restent tendues, sur la question du Cachemire notamment.

Relations difficiles aussi avec les Etats-Unis, entre autres sur la question des tirs de drones. Les Américains et leurs alliés s’apprêtent à quitter l’Afghanistan l’an prochain. La participation du Pakistan dans la guerre contre le terrorisme va donc être particulièrement cruciale pendant cette période.

Or il est régulièrement accusé d’aider les insurgés qui s’en prennent aux troupes de l’Otan de l’autre côté de sa frontière. Autant de dossiers, donc, que le général Sharif va devoir manœuvrer.

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