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Chine

Ailerons de requin, nids d’hirondelles: l'élite chinoise devra se trouver d'autres mets

La fameuse et onéreuse soupe aux ailerons de requin ne sera plus servie dans les banquets officiels chinois.
La fameuse et onéreuse soupe aux ailerons de requin ne sera plus servie dans les banquets officiels chinois. REUTERS/Bobby Yip/Files
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La soupe aux ailerons de requin est désormais interdite de banquets officiels en Chine. Ce plat raffiné était servi, dit-on, depuis la dynastie des empereurs Ming. La circulaire du Conseil des affaires d’Etat interdit aussi la soupe aux nids d’hirondelles et tous les mets à base « d’animaux sauvages protégés ». Une manière de protéger l’espèce, et aussi de lutter contre la luxure et la corruption, qui nuisent à l’image du Parti.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Les officiels chinois aiment les plaisirs de la table. Et visiblement, certains en abusent. Ce n’est pas la première fois que l’on conseille ainsi aux « organisateurs de visites officielles ou de visites d’affaires de préparer des repas en tenant compte des normes de dépenses pertinentes », comme le mentionne cette nouvelle circulaire du Conseil des affaires d’Etat.

Les Chinois les plus anciens se souviennent notamment du « quatre plats et une soupe », pas plus, conseillé aux cadres du Parti communiste par le Premier ministre Zhou Enlai, dès 1949 !

En 1989, puis en 2006, des directives similaires ont encore été publiées, demandant à ne pas offrir des repas « hors de niveau ». Mais la différence cette fois-ci, c’est qu’on entre dans les détails.

« Un étalage de pouvoir avec l'argent de l'Etat »

L’aileron de requin, un des mets préférés de l’élite chinoise - un plat riche surtout par son prix - est désormais interdit. Selon les nutritionnistes, il a la saveur de la peau de poisson et n’apporte que de la texture au potage.

Même sort pour la soupe à la salive d’hirondelles, qui selon les femmes de l’aristocratie rouge, ferait du bien à la peau.

Selon Hu Xingdou, professeur d’économie à l’université de l’Industrie de Pékin, « ces ailerons et nids d’oiseaux ne sont pas très fortifiants en eux-mêmes, mais ils coûtent très chers. Certains hauts fonctionnaires croient que c’est un honneur de les manger. C’est pour faire étalage de leur pouvoir, avec l’argent de l’Etat. »

Les cigarettes et alcools de luxe également ciblés

La nouvelle directive vise, selon l’agence Chine nouvelle, à « promouvoir la frugalité, s'opposer aux extravagances et favoriser la lutte contre la corruption des cadres du Parti et du gouvernement ».

Les fonctionnaires seront également mis au régime concernant l'alcool et les cigarettes de luxe, offerts traditionnellement en fin de repas. C'est d'ailleurs ce qu'avait dénoncé notre confrère Shi Junrong en 2012.

Enquêteur au Journal du soir de Xi'an, dans la province du Shaanxi, le journaliste avait perdu son travail après avoir écrit un article sur des cigarettes « 95 Zhizun » fumées par un responsable de la région lors d’un banquet.

La cartouche de « cigarettes de l’empereur », comme disent les Chinois, coûte dix fois plus cher que le tabac de l’ouvrier. Bonne nouvelle : joint par RFI ce mardi après-midi, Shi Junrong a, depuis, retrouvé son poste au journal !

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