Cambodge

La mobilisation pacifique contre le gouvernement se poursuit à Phnom Penh

Sam Rainsy, le leader de l'opposition lors d'un rassemblement à Phnom Penh, le 15 décembre 2013.
Sam Rainsy, le leader de l'opposition lors d'un rassemblement à Phnom Penh, le 15 décembre 2013. REUTERS/Samrang Pring

Plus de quatre mois après les législatives qui ont reconduit le Parti du peuple cambodgien à la tête du pays, l'opposition réclame de nouvelles élections. Elle continue de rejeter les résultats d'un scrutin qu'elle dit entaché d'irrégularités, s'appuyant sur les rapports de plusieurs organisations de la société civile. Dimanche, elle avait appelé ses supporters à manifester, et annoncé, trois jours avant, vouloir prolonger cette mobilisation pacifique jusqu'à obtenir gain de cause.

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Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gée

Sur l'esplanade réservée aux rassemblements publics à Phnom Penh, ils ont déjà passé une ou deux nuits à dormir sur des bâches, protégés par de hautes tentes que l'opposition a dressées pour l'occasion. Regroupés par province d'origine, ils attendent là les prochains discours de leurs leaders, la prochaine marche dans la ville, déterminés à tenir tête au parti au pouvoir. Ici, on vient de Prey Veng : « J'aimerais que les gens soient nombreux à nous rejoindre pour changer ce gouvernement illégitime. S'il faut qu'on reste là à manifester un mois, deux mois, même cinq mois, on est prêts ! Mais on ne bougera pas jusqu'à ce que le gouvernement démissionne ! »

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« On n'a plus besoin de Hun Sen. Il faut qu'il parte, il faut qu'il s'en aille ! » Ils ne sont que quelques centaines à camper mais ils étaient, la veille, plusieurs milliers sur cette même place à écouter les chefs de l'opposition. Si les effectifs ne sont pour l'heure pas au rendez-vous, l'espoir est là, comme chez cet homme de Kompong Cham : « En ce moment, à la campagne, ils sont occupés par les moissons. Mais une fois la saison des récoltes terminée, ils vont venir nous rejoindre. On sera alors bien plus nombreux. On pourra faire un défilé avec au moins 300 000 personnes. On appelle vraiment tous les habitants du pays à se lever ! Avec 300 000 personnes, on peut bloquer le pays ! » Et Chan, comme d'autres de ses pairs, assurent que les Phnompenhois, plus discrets, les soutiennent matériellement dans ce siège impromptu.

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